La FNSEA, premier syndicat agricole français, dit attendre du Premier ministre un "signal très fort" ce vendredi à destination des agriculteurs en colère, appelant à des "mesures d'urgences" avant même le vote du budget, lors d'une conférence de presse jeudi à Paris.
"L'attente est forte dans les campagnes. Les agriculteurs attendent des actes" comme le Premier ministre "s'y est engagé", a souligné Hervé Lapie, secrétaire général de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA).
Refusant d'arbitrer entre les urgences d'une France agricole qui se dépeuple et s'appauvrit, le syndicat a cité au rang de ses priorités des mesures pour la viticulture, un accompagnement pour les céréaliers "qui vendent aujourd'hui sous leurs coûts de production", une "abrogation de la directive nitrate", qui fixe notamment les calendriers d'épandage des engrais et autres pratiques, et la publication des décrets des lois agricoles votées en 2025.
Le président du syndicat Arnaud Rousseau a exigé "des mesures" et "un calendrier précis" de mise en oeuvre des ces actes "avant le Salon de l'agriculture", prévu fin février.
Le syndicat, comme son allié des Jeunes agriculteurs, a aussi appelé à manifester le 20 janvier à Strasbourg, siège du Parlement européen, si le traité de libre-échange entre l'Union européenne et des pays du Mercosur était signé ce weekend.
La FNSEA veut "interpeller les eurodéputés qui auront encore la possibilité de saisir la Cour de justice européenne pour repousser cet accord du Mercosur" et affirme avoir déjà obtenu le ralliement d'autres agriculteurs européens, notamment les Italiens.
La FNSEA, qui fête cette année ses 80 ans, veut continuer à "porter une ambition pour l'agriculture auprès des pouvoirs publics, quelle que soit la couleur politique des différents gouvernements" et prépare d'ores et déjà des propositions pour l'agriculture à destination des candidats à la future présidentielle.
Appelé à réagir sur la mobilisation très visible dans les rues de Paris de la Coordination rurale, syndicat concurrent défendant une ligne dure, Arnaud Rousseau a estimé que le vrai sujet était "l'efficacité" et "le travail de fond" auprès des parlementaires, du gouvernement et des instances européennes.
"Nous, on s'active" sur tous les fronts pendant que d'autres viennent "mettre trois tracteurs devant un monument pour faire causer", a-t-il taclé en référence aux tracteurs de la CR parvenus jeudi jusqu'au pied de la tour Eiffel et de l'Arc de Triomphe.