La Cour des comptes demande de renforcer la lutte contre les algues vertes en Bretagne

La Cour des comptes a présenté jeudi de nouvelles recommandations pour lutter contre les algues vertes en Bretagne, notant des "avancées réelles" dans les moyens mis en oeuvre, mais aussi le besoin de renforcer les actions pour en venir à bout.

Cinq ans après un premier rapport, la Cour des comptes, conjointement avec la Chambre régionale des comptes de Bretagne, a mené une enquête de suivi pour voir si ses recommandations de 2021 avaient été appliquées.

La prolifération d'algues vertes, due aux concentrations excessives de nitrates essentiellement d'origine agricole, touche principalement huit baies et 13 vasières depuis Saint-Brieuc jusqu'au golfe du Morbihan, en passant par le Finistère.

"Ces marées vertes ont des conséquences importantes en termes de sécurité, de santé, de coûts et d'image" ainsi qu'"un impact sur les écosystèmes", rappelle la Cour des comptes.

Si la baisse des teneurs en nitrates dans les cours d'eau est "significative" depuis 15 ans dans la région, il existe "un ralentissement notable depuis 10 ans" et "la prolifération des algues vertes demeure prégnante", souligne-t-elle.

La Cour relève "des avancées réelles dans les moyens" de lutte contre les algues vertes, aussi bien réglementaires que des aides pour changer les pratiques agricoles et les moyens financiers, qui se comptent en dizaine de millions d'euros.

Pour autant, "il est essentiel de renouveler et d'intensifier les actions", prône la Cour, qui émet ou réitère huit recommandations.

Elle recommande d'inclure dans le plan d'action régional de la directive nitrates des "obligations renforcées" dans les zones touchées, dont des "plafonds de fertilisation" et des "indicateurs de fuites d'azote".

La Cour constate que les services de contrôle n'ont pas accès "aux bases de données d'identification animale", notamment porcs et volailles, "pourtant indispensables à la connaissance et aux contrôles des exploitations les plus émettrices d'azote". Elle demande "un accès rapide, complet et gratuit" à ces bases.

Elle prône la mise en place d'"objectifs quantifiables, mesurables et contrôlables" pour lutter contre la prolifération des algues vertes dans les vasières, où pour l'instant peu de choses sont faites.

Il faut aussi "conditionner les aides accordées aux entreprises des filières agroalimentaires à des engagements sur la prévention des fuites d'azote", alors que l'implication de ce secteur économique "reste faible", note-t-elle.

Le financement du secteur agricole par des aides publiques, via l'Etat, la Région ou l'Agence de l'eau, doit se faire à condition que les agriculteurs respectent des règles "liées à la prévention des fuites d'azote", conseille encore la Cour.