Une centaine d'agriculteurs membres de la Coordination rurale ont déposé des bidons et des citernes vides devant la préfecture du Lot-et-Garonne, lundi à Agen, pour dénoncer le prix du gazole non routier, utilisé dans leurs exploitations, exsangues après un été caniculaire.
"Il fallait marquer le coup pour le GNR, pour les charges qui explosent", a déclaré à un correspondant de l'AFP José Perez, président de la section locale du deuxième syndicat agricole, qui a d'abord bloqué un rond-point avec une vingtaine de tracteurs avant d'aller rencontrer le préfet.
Comme "mesure d'urgence, il faudrait un GNR à un euro TTC maximum", soit environ la moitié du prix moyen actuel, a-t-il plaidé, quelques jours après une tentative de blocage d'un dépôt pétrolier par d'autres agriculteurs de la CR près de Toulouse.
Une aide de 15 centimes par litre de GNR est en vigueur depuis avril pour les agriculteurs et le guichet a été prolongé jusqu'à la fin de l'année pour un coût de plus de 50 millions d'euros par mois. Ils bénéficiaient déjà d'un taux d'imposition réduit sur le GNR (1,3 milliard de recettes en moins pour l'État en 2026).
Le PDG de TotalEnergies Patrick Pouyanné a, lui, annoncé lundi une baisse à venir de 20 centimes sur le litre de GNR, après un déstockage de carburants qui doit démarrer début novembre.
"Il faut être parfois content d'avoir un grand groupe pétrolier comme Total, qui nous annonce une baisse. Il se substitue un peu à l'État, mais il fait un geste", a réagi auprès de l'AFP le président de la Coordination rurale Bertrand Venteau, qui espère que les autres acteurs des carburants "fassent pareil".
Il a aussi appelé à un "bouclier tarifaire" sur l'électricité et le gaz pour les agriculteurs.
La mobilisation de lundi à Agen "est certainement la première d'une longue salve", a prévenu Karine Duc, autre figure de la CR, devenue présidente de la chambre d'agriculture du Lot-et-Garonne, car "80% des agriculteurs sont en grande difficulté dans le département et partout en France".
Selon elle, les pertes liées à la sécheresse et aux canicules, "sont estimées à plus de 400 millions d'euros" dans le Lot-et-Garonne, et même "600 millions en tout avec les tempêtes et inondations", qui ont sévi cet hiver dans ce département du Sud-Ouest.
"Tout le monde, les fournisseurs, l'État, les banques, doit faire l'effort pour que tout le monde soit sauvé", a-t-elle plaidé.
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