La complémentaire santé solidaire évite les restes à charge pour 80% des bénéficiaires

Huit bénéficiaires sur dix de la complémentaire santé solidaire (C2S) paient moins d'un euro de reste à charge annuel sur leurs dépenses de santé, mais un sur dix doit régler 250 euros en moyenne, selon une étude de la Drees publiée jeudi.

A leurs côtés, 10% de bénéficiaires ont un reste à charge compris entre 1 et 30 euros par an, précisent dans cette étude les services statistiques des ministères sociaux.

La C2S vise à "garantir aux plus modestes un accès aux soins sans barrière financière". Gratuite ou avec une participation financière, en fonction du niveau de ressources, elle complète les remboursements de l'Assurance maladie jusqu'au tarif de la Sécurité sociale. Elle offre aussi un panier de soins en optique et en dentaire. Les bénéficiaires ne paient pas les franchises et participations forfaitaires.

Cette étude s'appuie sur les dépenses de bénéficiaires restés trois ans affiliés à la C2S entre 2020 et 2022 (4,1 millions de personnes, pour 7,1 millions de bénéficiaires au total). Elle ne prend pas en compte les dépenses hors du champ de l'Assurance maladie, comme les médicaments non remboursés ou les médecins non conventionnés.

Elle n'inclut pas non plus les coûts du transport ou les frais de chambres individuelles à l'hôpital.

Les restes à charge proviennent pour l'essentiel des soins dentaires et des dispositifs médicaux. Les professionnels de santé n'ont pas le droit de facturer aux bénéficiaires des dépassements d'honoraires, sauf "demande spécifique du patient".

Pour les 10% des bénéficiaires aux restes à charge les plus élevés, les dispositifs médicaux représentent plus de la moitié (58%) des 250 euros de reste à charge: 77 euros pour l'optique, 23 euros pour les prothèses dentaires, 16 euros pour les appareils auditifs et 29 euros pour les autres dispositifs. En outre, "66 euros sont liés à l'orthodontie".

L'étude souligne des "écarts importants": les 5% qui supportent les restes à charge les plus élevés s'acquittent de 425 euros par an, un chiffre qui grimpe à 1.041 euros pour le dernier 1%.

La dépense de santé moyenne annuelle des bénéficiaires (incluant les remboursements) s'élève à 2.586 euros, contre 2.903 euros en moyenne pour l'ensemble de la population.

Mais 44% des personnes éligibles n'y ont pas recours, souligne l'étude.

Depuis avril 2025, une personne seule doit toucher moins de 862 euros par mois (959 euros dans les départements d'outre-mer) pour bénéficier de la C2S gratuite, et moins de 1.164 euros pour la C2S payante. C'est moins que le seuil de pauvreté, fixé à 1.288 euros (60% du revenu médian).