La climatisation "n'est pas une solution miracle", affirme Marine Tondelier

La climatisation "n'est pas une solution miracle" face à la canicule et est "inégalitaire", mais elle "fait partie des solutions" d'adaptation face au changement climatique, a souligné mercredi Marine Tondelier sur BFMTV et RMC.

La patronne des Ecologistes, candidate à la présidentielle, a reconnu qu'"il fut un temps où (son parti disait) +on ne peut pas climatiser partout, tout le temps, et c'est pas ça l'urgence+".

"L'urgence, dans les années 70, c'était de se battre pour qu'il n'y ait pas de changement climatique ou le moins possible", a-t-elle rappelé.

Mais désormais, "on est obligé de combiner deux choses: l'atténuation, donc continuer à se battre pour que ça n'empire pas, et l'adaptation, c'est à dire: maintenant que le changement climatique est présent et très fortement présent, comment on fait?", a-t-elle expliqué.

"La clim fait partie des solutions" d'adaptation, mais "aggrave le phénomène" de chaleur, a-t-elle insisté, soulignant que lorsqu'un logement est climatisé, la chaleur est rejetée "dans la rue et au bord des fenêtres des voisins".

"Ce n'est pas une solution miracle mais ça n'empêche pas notamment de climatiser les services publics", a-t-elle ajouté, alors que la cheffe des députés RN Marine Le Pen défend un plan de climatisation généralisée dans les collectivités et chez les particuliers.

Selon elle en outre, il serait "inégalitaire de se dire aujourd'hui, comme le fait le RN, la seule solution, c'est la clim, parce que tout le monde ne l'aura pas et tout le monde ne l'a pas aujourd'hui", a-t-elle martelé.

Elle a aussi exprimé son "ras-le-bol" de voir que son parti a alerté sur le changement climatique "pendant des décennies", sous les moqueries. "Et quand le problème arrive, c'est encore de notre faute. Mais les autres, ils faisaient quoi?"

Mme Tondelier a souligné que les villes écologistes mettaient en place la gratuité des piscines, l'ouverture gratuite des musées climatisés, et "le fait d'avoir cette règle des 300/30/3, c'est-à-dire avoir à 300 mètres de chez vous un parc, 30% de couvert végétal n'importe où dans la ville, et de votre fenêtre trois arbres forcément".

Sur TF1, le coordinateur politique de LFI, Manuel Bompard a également estimé que "la climatisation ne pouvait pas être la réponse à tout".

"C'est des factures énergétiques qui augmentent (...) et c'est contre-productif parce que ça produit des gaz frigorigènes qui contribuent au réchauffement climatique", a-t-il argumenté.

Il a plaidé pour non pas la "proscrire" mais développer en parallèle "les modes passifs, c'est à dire utiliser un certain nombre de matériaux qui sont intelligents".

Il a également rappelé que si l'énergie produite par le nucléaire était décarbonée, "croire qu'il est résilient au changement climatique est une erreur" car en période de fortes chaleurs se pose la question du rejet dans les rivières de l'eau qui a servi à refroidir les centrales.

Il a enfin regretté que le projet de loi Logement présenté mercredi en conseil des ministres comprenne un assouplissement dans la possibilité donnée aux bailleurs de louer des "passoires thermiques".

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