La climatisation "n'est pas une solution miracle" face à la canicule et est "inégalitaire", mais elle "fait partie des solutions" d'adaptation face au changement climatique, a souligné mercredi Marine Tondelier sur BFMTV et RMC.
La patronne des Ecologistes, candidate à la présidentielle, a reconnu qu'"il fut un temps où (son parti disait) +on ne peut pas climatiser partout, tout le temps, et c'est pas ça l'urgence+". "L'urgence, dans les années 70, c'était de se battre pour qu'il n'y ait pas de changement climatique ou le moins possible", a-t-elle rappelé.
Mais désormais, "on est obligé de combiner deux choses: l'atténuation, donc continuer à se battre pour que ça n'empire pas, et l'adaptation, c'est à dire: maintenant que le changement climatique est présent et très fortement présent, comment on fait?", a-t-elle expliqué.
"La clim fait partie des solutions" d'adaptation, mais "aggrave le phénomène" de chaleur, a-t-elle insisté, soulignant que lorsqu'un logement est climatisé, la chaleur est rejetée "dans la rue et au bord des fenêtres des voisins".
"Ce n'est pas une solution miracle mais ça n'empêche pas notamment de climatiser les services publics", a-t-elle ajouté, alors que la cheffe des députés RN Marine Le Pen défend un plan de climatisation généralisée dans les collectivités et chez les particuliers.
Mme Tondelier a confirmé les déclarations du conseil fédéral de son parti qui, en juin 2025, affirmait que la climatisation était "contreproductive, coûteuse, inégalitaire", et était "une mal-adaptation".
"C'est vrai, c'est inégalitaire de se dire aujourd'hui, comme le fait le RN, la seule solution c'est la clim, parce que tout le monde ne l'aura pas et tout le monde ne l'a pas aujourd'hui", a-t-elle martelé.
Elle a aussi exprimé son "ras-le-bol" de voir que son parti a alerté sur le changement climatique "pendant des décennies", sous les moqueries. "Et quand le problème arrive, c'est encore de notre faute. Mais les autres, ils faisaient quoi?"
Mme Tondelier a souligné que les villes écologistes mettaient en place "des choses que les villes de droite ne mettent pas en place", comme la gratuité des piscines, l'ouverture gratuite des musées climatisés, et "le fait d'avoir cette règle des 333, c'est-à-dire avoir à 300 mètres de chez vous un parc, de votre fenêtre trois arbres forcément et 30% de couvert végétal n'importe où dans la ville".
Enfin, elle a plaidé à nouveau pour un congé climatique de cinq jours maximum par an pour notamment protéger de la canicule les travailleurs particulièrement exposés.