La canicule gagne la quasi-totalité du pays, seul le nord épargné

La canicule a gagné mardi à l'ouest et va s'étendre mercredi à la quasi-totalité du pays, avec des températures allant jusqu'à 40°C par endroits.

Météo-France a placé 78 départements en vigilance orange à la canicule mercredi contre 43 mardi.

"Hormis une fine bordure côtière et en altitude, les températures maximales seront supérieures à 35 degrés. Du Centre-Val de Loire à la Nouvelle-Aquitaine, elles seront comprises entre 38 et 40°C. En Île-de-France elles seront voisines de 38°C", indique le prévisionniste dans son bulletin de 16H00.

Quinze départements sont classés en vigilance jaune, principalement dans le nord-est et les Pyrénées : Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées, Ariège, Lozère, Haute-Loire, Oise, Aisne, Marne, Ardennes, Meuse, Meurthe-et-Moselle, Moselle, Vosges, Bas-Rhin et Haut-Rhin. Seuls la Somme, le Pas-de-Calais et le Nord échappent à la fournaise.

Les orages s'invitent eux sur la moitié sud, en particulier sur les reliefs (est de la chaîne des Pyrénées, Massif central, Alpes).

"On essaie d'aménager nos horaires", explique à l'AFP Evan Esnaud, aide-chef de chantier de 24 ans à Rennes où le thermomètre affichait 34°C à 15H00. "Il faudra trouver des solutions plus durables. On s'adapte sur un mois ou deux. Mais commencer à 6H00 du matin plus de deux mois complets, je pense que ce sera dur physiquement".

Les fortes chaleurs risquent encore de durer quelques jours, selon où l'on se trouve en France. Elles s'accentueront jeudi, selon Météo-France, "où l'on pourrait atteindre 35 à 39°C sur la plupart des régions, localement 40°C".

C'est seulement vendredi qu'un air "plus frais" est attendu par l'ouest du pays, au même moment où "les plus fortes chaleurs se décaleront vers l'est".

Il ne s'agit pas d'une "nouvelle" canicule à proprement parler, précise l'agence, mais plutôt de la suite de la troisième vague de chaleur qui a démarré le 28 juillet et ne s'est toujours pas arrêtée, au moins dans le sud-est. Mais elle s'amplifie et gagne une plus grande partie du pays.

Avant les trois canicules, un premier épisode de fortes chaleurs particulièrement précoce avait touché le pays à la fin mai.

"A chaque fois, on pense que ça se termine et en fait ça revient", se lamente Ayse Gurbuz, 25 ans, étudiante en droit qui révise sur un banc ombragé de la place des Célestins, à Lyon. "Je n'en peux plus. Je vis dans un petit studio dans lequel l'air ne circule pas, donc c'est très compliqué".

- Fleuves et réserves à sec -

Sahel, Amérique latine, France et Espagne : plusieurs régions du monde, peuplées au total de quelque 900 millions de personnes, ont connu en 2026 leur mois de juillet le plus chaud, d'après les calculs de l'AFP à partir des données de l'observatoire européen du changement climatique Copernicus.

En France, sur les 54 vagues de chaleur connues depuis 1947, deux tiers se sont produites au XXIe siècle et la moitié depuis 2010.

Exaspérant une population à bout, les canicules à répétition exacerbent également le risque incendies. Au moins 120.000 hectares ont été parcourus par les flammes en France depuis le début de l'été, dont 42.000 hectares lors d'un mégafeu en Gironde.

Dans la Drôme, un feu toujours actif a brûlé environ 400 hectares, selon la préfecture.

Mardi, EDF a été contraint d'arrêter trois réacteurs de la centrale nucléaire de Gravelines en raison d'un afflux de méduses, un problème déjà rencontré l'an passé. Différents facteurs expliquent la prolifération des méduses dans le monde. Parmi eux, l'augmentation des températures dans les océans, en lien avec le réchauffement climatique.

La sécheresse est elle aussi à des niveaux records. Au 1er août, la quasi-totalité (94%) des réserves souterraines en eau de la métropole présentent des niveaux en baisse, indique le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), le service géologique national.

Près de 70% de la France fait ainsi actuellement l'objet de mesures de restrictions des usages de l'eau, selon le gouvernement.

En Haute-Savoie, deux refuges d'étape permettant l'ascension du mont Blanc ont été fermés par arrêté municipal en raison du "danger mortel" de chutes de pierres provoquées par la sécheresse.