Voici les derniers développements de la journée de mobilisation contre la "vie chère", à l'appel notamment d'anciens gilets jaunes et de jeunes, qui est marquée dans plusieurs villes par de violents affrontements et nombreux pillages.
A six mois de la présidentielle, cet appel à faire renaître le mouvement des gilets jaunes de 2018/19, qui avait marqué le premier mandat du président Emmanuel Macron, a rencontré la protestation des lycéens et étudiants pour de meilleures conditions d'études.
L'hôtel de ville de Limoges, incendié, "en grande partie perdu"
L'hôtel de ville de Limoges, édifice du 19e siècle incendié par des individus radicaux samedi en fin de manifestation, est "très lourdement endommagé" et "en grande partie perdu", ont estimé dans la soirée le maire de la commune et le préfet de Haute-Vienne.
"Le toit s'est effondré sur les étages inférieurs, sauf dans l'aile ouest, et les deux tiers de la façade ont déjà disparu", a déclaré à l'AFP le représentant de l'État, Maurice Barate, évoquant une "catastrophe patrimoniale" et dénonçant un "acte volontaire de casseurs, pas de manifestants".
Dégradations à la mairie de Lille, brièvement envahie, et magasins saccagés
Des manifestants ont forcé samedi après-midi plusieurs entrées de la mairie de Lille et certains ont réussi à y pénétrer et commettre des dégradations à l'intérieur, a constaté l'AFP, tandis que plusieurs magasins du centre-ville ont été pillés.
Peu après l'intrusion dans l'Hôtel de ville, des CRS sont entrés dans le bâtiment pour vérifier que plus aucun manifestant ne s'y trouvait. Les accès de la mairie ont ensuite été protégés par des policiers. Des images prises par l'AFP à l'intérieur montrent des vitres brisées, du mobilier renversé et des documents éparpillés sur le sol.
Darmanin demande une réponse judiciaire "extrêmement ferme" face à des violences "d'une gravité inouïe"
Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a annoncé sur X avoir donné instruction aux parquets "d'apporter une réponse judiciaire extrêmement ferme" aux "violences urbaines d'une gravité inouïe" commises samedi en France.
"Le placement en détention provisoire doit être requis contre ceux qui s'en sont pris aux forces de l'ordre, aux sapeurs-pompiers, aux bâtiments publics et aux commerces", a estimé le ministre de la Justice.
Faire "bloc face aux semeurs de chaos" (Macron)
Ceux qui ont "cassé" et "pillé" lors des manifestations seront "poursuivis et punis", a assuré le président Emmanuel Macron, affirmant que le pays fera "bloc face aux semeurs de chaos qui ne cherchent qu'à abattre nos institutions".
"Nous ne nous laisserons pas intimider", a assuré un peu plus tôt Sébastien Lecornu, mettant en garde, dans une allusion à LFI, ceux qui veulent faire des violences en marge des manifestations "un tour de chauffe" avant l'élection présidentielle.
Il a par ailleurs apporté "tout" son soutien aux forces de l'ordre "qui ont affronté une violence d'une extrême intensité" lors des manifestations.
Entre 550.000 et 800.000 participants
Les organisateurs ont avancé le chiffre de 800.000 participants, tandis que le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a donné celui de 550.000, dont 110.000 à Paris. Selon le ministre, environ 400 personnes, "en majorité des majeurs", ont été interpellées, pointant la responsabilité "l'ultragauche" dans les actions violentes.
Laurent Nuñez a aussi estimé que des "délinquants d'opportunité" en avaient profité "pour s'en prendre à des commerces" et les "piller".
"Des rues entières ravagées" à Paris (Grégoire)
Le maire PS de Paris, Emmanuel Grégoire, a estimé que le bilan des violences et pillages dans la capitale serait "lourd", "d'ampleur immense", des "rues entières" ayant été "méthodiquement ravagées".
"Très en colère", il a évoqué, outre les commerces saccagés et pillés, "des dégâts sur l'espace public" et "des monuments qui ont été dégradés, cassés". "Des rues entières ont été méthodiquement ravagées", a-t-il déploré, en tenant à faire "la différence entre le mouvement social" et "des casseurs" pour lesquels il n'a "aucune indulgence".
La résidence officielle de la préfète de Gironde "saccagée"
La résidence officielle de la préfète de Gironde a été "saccagée" lors des émeutes survenues en marge de la mobilisation et le RAID a été déclenché pour assister les forces de l'ordre.
"Des individus sont entrés et ont saccagé les lieux", a indiqué une porte-parole de la préfecture, tandis que la préfète, Sophie Brocas, a condamné "avec la plus grande fermeté" les dégradations commises en ce lieu et le pillage de commerces en centre-ville.
Main arrachée par une grenade policière à Saint-Etienne
Un manifestant a eu la main arrachée à Saint-Etienne par une grenade policière lancée par les forces de l'ordre. Selon les premiers éléments, le manifestant a ramassé à la main la grenade, dont le modèle n'a pas été communiqué.
La main droite de ce jeune travailleur était en lambeaux et il a expliqué avoir ramassé cette grenade avant qu'elle n'explose, selon des membres du personnel médical de la manifestation qui l'ont pris en charge.
Duel à distance entre Mélenchon et Le Pen
Marine Le Pen a dénoncé "une prise d'otage par l'extrême gauche" des "revendications sociales légitimes" des manifestants, son adversaire Insoumis Jean-Luc Mélenchon critiquant la stratégie de maintien de l'ordre et soulignant le caractère majoritairement pacifique de la mobilisation.
"Ceux qui partagent notre combat n'ont rien à faire dans le pillage, le saccage", a averti en soirée M. Mélenchon.
"La République doit répondre avec la plus grande fermeté aux casseurs qui l'offensent", a réagi de son côté Edouard Philippe, tandis que Gabriel Attal a dénoncé "des scènes de violence insupportables". Pour Bruno Retailleau, "la force implacable de l'État est la seule réponse possible. Ces gens ne méritent rien d'autre que la prison".