Voici les derniers développements de la journée de mobilisation contre la "vie chère", à l'appel notamment d'anciens gilets jaunes et de jeunes, qui est marquée dans plusieurs villes par de violents affrontements et nombreux pillages.
A six mois de la présidentielle, cet appel à faire renaître le mouvement des gilets jaunes de 2018/19, qui avait marqué le premier mandat du président Emmanuel Macron, a rencontré la protestation des lycéens et étudiants pour de meilleures conditions d'études.
Faire "bloc face aux semeurs de chaos" (Macron)
Ceux qui ont "cassé" et "pillé" lors des manifestations seront "poursuivis et punis", a assuré le président Emmanuel Macron, affirmant que le pays fera "bloc face aux semeurs de chaos qui ne cherchent qu'à abattre nos institutions".
"Nous ne nous laisserons pas intimider", a assuré un peu plus tôt Sébastien Lecornu, mettant en garde, dans une allusion à LFI, ceux qui veulent faire des violences en marge des manifestations "un tour de chauffe" avant l'élection présidentielle.
Il a par ailleurs apporté "tout" son soutien aux forces de l'ordre "qui ont affronté une violence d'une extrême intensité" lors des manifestations.
Entre 550.000 et 800.000 participants
Les organisateurs ont avancé le chiffre de 800.000 participants, tandis que le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a donné celui de 550.000, dont 110.000 à Paris. Selon le ministre, environ 400 personnes, "en majorité des majeurs", ont été interpellées, pointant la responsabilité "l'ultragauche" dans les actions violentes.
Laurent Nuñez a aussi estimé que des "délinquants d'opportunité" en avaient profité "pour s'en prendre à des commerces" et les "piller".
Un incendie à l'hôtel de ville de Limoges
Un incendie est en cours à l'hôtel de ville de Limoges, selon la préfecture du département, après qu'un groupe d'individus a attaqué le bâtiment. Le feu qui s'est propagé sur une aile du bâtiment a atteint le toit, dont les poutres menacent de s'effondrer.
Vers 20H00, les pompiers étaient à la lutte contre les flammes pour tenter d'éviter qu'elles n'embrasent tout le bâtiment.
"Des rues entières ravagées" à Paris (Grégoire)
Le maire PS de Paris, Emmanuel Grégoire, a estimé que le bilan des violences et pillages dans la capitale serait "lourd", "d'ampleur immense", des "rues entières" ayant été "méthodiquement ravagées".
"Très en colère", il a évoqué, outre les commerces saccagés et pillés, "des dégâts sur l'espace public" et "des monuments qui ont été dégradés, cassés". "Des rues entières ont été méthodiquement ravagées", a-t-il déploré, en tenant à faire "la différence entre le mouvement social" et "des casseurs" pour lesquels il n'a "aucune indulgence".
La résidence officielle de la préfète de Gironde "saccagée"
La résidence officielle de la préfète de Gironde a été "saccagée" lors des émeutes survenues en marge de la mobilisation et le RAID a été déclenché pour assister les forces de l'ordre.
"Des individus sont entrés et ont saccagé les lieux", a indiqué une porte-parole de la préfecture, tandis que la préfète, Sophie Brocas, a condamné "avec la plus grande fermeté" les dégradations commises en ce lieu et le pillage de commerces en centre-ville.
Main arrachée par une grenade policière à Saint-Etienne
Un manifestant a eu la main arrachée à Saint-Etienne par une grenade policière lancée par les forces de l'ordre. Selon les premiers éléments, le manifestant a ramassé à la main la grenade, dont le modèle n'a pas été communiqué.
La main droite de ce jeune travailleur était en lambeaux et il a expliqué avoir ramassé cette grenade avant qu'elle n'explose, selon des membres du personnel médical de la manifestation qui l'ont pris en charge.
Une partie des locaux saccagée à la mairie de Lille
Des manifestants ont forcé plusieurs entrées de la mairie de Lille et certains ont réussi à y pénétrer en saccageant une partie des locaux avant de s'enfuir rapidement.
Duel à distance entre Mélenchon et Le Pen
Marine Le Pen a dénoncé "une prise d'otage par l'extrême gauche" des "revendications sociales légitimes" des manifestants, son adversaire Insoumis Jean-Luc Mélenchon critiquant la stratégie de maintien de l'ordre et soulignant le caractère majoritairement pacifique de la mobilisation.
"Ceux qui partagent notre combat n'ont rien à faire dans le pillage, le saccage", a averti en soirée M. Mélenchon.
"La République doit répondre avec la plus grande fermeté aux casseurs qui l'offensent", a réagi de son côté Edouard Philippe, tandis que Gabriel Attal a dénoncé "des scènes de violence insupportables". Pour Bruno Retailleau, "la force implacable de l'État est la seule réponse possible. Ces gens ne méritent rien d'autre que la prison".
Une antenne de l'office du tourisme de Lyon incendiée
Une antenne de l'office du tourisme de Lyon a été saccagée et incendiée en marge du mouvement. Les pompiers ont été empêchés d'y accéder.
"Les images sont choquantes, les manifestants (...) ont été mis en danger", a réagi dans un communiqué le maire écologiste de la ville Grégory Doucet, disant "condamner fermement ces scènes de violence inacceptables".
Affrontements place de la République à Paris
Des affrontements ont opposé des centaines de personnes aux forces de l'ordre au centre de la capitale.
Avant le départ du cortège, plusieurs centaines de personnes violentes "essentiellement de l'ultragauche" se sont attaquées "directement aux forces de l'ordre" avec des jets de projectiles divers dont des pierres, selon la préfecture de police.
Des manifestants dans la mairie de Marseille
Plusieurs dizaines de manifestants ont pénétré brièvement dans le hall de la mairie de Marseille, renversant un buste de Marianne et cassant du mobilier, des violences face auxquelles le maire de la ville a indiqué avoir obtenu des renforts de forces de police après un échange téléphonique avec M. Macron.
Criant "c'est la Révolution, on prend la Bastille", les manifestants sont parvenus à forcer la double porte en bois de la mairie.
Le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG), a "demandé des comptes" sur l'organisation du maintien de l'ordre.