Journée de mobilisation contre la "vie chère" : les derniers développements

Voici les derniers développements de la journée de mobilisation contre la "vie chère", à l'appel notamment d'anciens gilets jaunes et de jeunes, qui est marquée dans plusieurs villes par des affrontements et pillages.

A six mois de la présidentielle, cet appel à faire renaître le mouvement des gilets jaunes de 2018/19, qui avait marqué le premier mandat du président Emmanuel Macron, a rencontré la protestation des lycéens et étudiants pour de meilleures conditions d'études.

"Nous ne nous laisserons pas intimider": Lecornu

"Nous ne nous laisserons pas intimider", a assuré Sébastien Lecornu, mettant en garde, dans une allusion à LFI, ceux qui veulent faire des violences en marge des manifestations "un tour de chauffe" avant la présidentielle.

Il a par ailleurs apporté "tout" son soutien aux forces de l'ordre "qui ont affronté une violence d'une extrême intensité" lors des manifestations.

La résidence officielle de la préfète de Gironde "saccagée"

La résidence officielle de la préfète de Gironde a été "saccagée" lors des émeutes survenues en marge de la mobilisation et le RAID a été déclenché pour assister les forces de l'ordre.

"Des individus sont entrés et ont saccagé les lieux", a indiqué une porte-parole de la préfecture, tandis que la préfète, Sophie Brocas, a condamné "avec la plus grande fermeté" les dégradations commises en ce lieu et le pillage de commerces en centre-ville.

Main arrachée par une grenade policière à Saint-Etienne

Un manifestant a eu la main arrachée à Saint-Etienne par une grenade policière lancée par les forces de l'ordre. Selon les premiers éléments, le manifestant a ramassé à la main la grenade, dont le modèle n'a pas été communiqué par cette source.

La main droite de ce jeune travailleur était en lambeaux et il a expliqué avoir ramassé cette grenade avant qu'elle n'explose, selon des membres du personnel médical de la manifestation qui l'ont pris en charge.

Rassemblement au bas des Champs-Elysées

Plus de 300 manifestants sont parvenus à se rassembler en fin d'après-midi dans le bas des Champs-Elysées à Paris, secteur pourtant interdit à la manifestation car proche de lieux de pouvoir.

Des manifestants, la plupart masqués, sont parvenus à placer des barrières de chantier sur plusieurs voies de la célèbre avenue. Les forces de l'ordre ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène, tandis que la foule scandait le slogan anti-policier "Acab" ("All cops are bastards").

"Plus de 500.000" personnes en France, selon la CGT

"Plus de 500.000" personnes ont participé aux actions et défilés organisés partout en France, selon la CGT. "Le gouvernement doit arrêter de réprimer et répondre immédiatement aux revendications sociales", a indiqué le syndicat, qui faisait partie des organisations ayant appelé à participer.

Il salue une "nouvelle grande journée de mobilisation, la plus importante depuis la rentrée" avec "1.750 rassemblements ou manifestations dans toute la France" et "plus de 500.000 manifestants" à 17H00.

Une partie des locaux saccagée à la mairie de Lille

Des manifestants ont forcé plusieurs entrées de la mairie de Lille et certains ont réussi à y pénétrer en saccageant une partie des locaux avant de s'enfuir rapidement.

Quelques minutes plus tard, des CRS sont entrés dans le bâtiment pour vérifier que plus aucun manifestant ne s'y trouvait. Vers 16H30, les accès de la mairie étaient désormais protégés par des policiers.

Duel à distance entre Mélenchon et Le Pen

Marine Le Pen a dénoncé "une prise d'otage par l'extrême gauche" des "revendications sociales légitimes" des manifestants, son adversaire Insoumis Jean-Luc Mélenchon critiquant la stratégie de maintien de l'ordre et soulignant le caractère majoritairement pacifique de la mobilisation.

"Les revendications sociales légitimes ont une nouvelle fois été prises en otage par l'extrême gauche et les discours des députés de Jean-Luc Mélenchon qui, en légitimant la violence, (...) cherchent à précipiter le pays dans le chaos", a assuré la candidate du RN à la présidentielle.

Le leader insoumis a de son côté violemment critiqué la stratégie du maintien de l'ordre à Paris, où "le désordre est organisé par le préfet qui interdit l'accès à la place de la République en gazant sans relâche", accuse-t-il. "L'affrontement semble être le but de cette stratégie de +maintien de l'ordre+. Lamentable".

Plus de 270 interpellations dans le pays

Le ministère de l'Intérieur a fait état d'une mobilisation importante dans les cortèges à Lyon, Nantes et Rennes, de 272 interpellations au niveau national et de "faits particulièrement graves", comme à Marseille et Lyon, selon un bilan à 15H00.

"Dans ces cortèges, des black blocs de plusieurs centaines d'individus se sont constitués autour de l'ultragauche", a-t-on poursuivi en dénonçant une "multiplication des violences : prises à partie des forces de l'ordre, pillages ou tentatives de pillage de commerces, attaques et dégradations de bâtiments publics".

Une antenne de l'office du tourisme de Lyon incendiée

Une antenne de l'office du tourisme de Lyon a été saccagée et incendiée en marge du mouvement. Les pompiers ont été empêchés d'y accéder.

L'incendie volontaire est survenu sur un côté de la place Bellecour où des groupes de jeunes cagoulés lançaient des projectiles et des mortiers d'artifice contre les forces de l'ordre, qui ont répliqué par des gaz lacrymogènes et des grenades de désencerclement.

La police a par ailleurs fait usage d'un canon à eau face à des manifestants et des individus cagoulés.

Affrontements place de la République à Paris

Des affrontements ont opposé des centaines de personnes aux forces de l'ordre au centre de la capitale.

Avant le départ du cortège, plusieurs centaines de personnes violentes "essentiellement de l'ultragauche" se sont attaquées "directement aux forces de l'ordre" avec des jets de projectiles divers dont des pierres, selon la préfecture de police.

Des manifestants dans la mairie de Marseille

Plusieurs dizaines de manifestants ont pénétré brièvement dans le hall de la mairie de Marseille, renversant un buste de Marianne et cassant du mobilier, des violences face auxquelles le maire de la ville a indiqué avoir obtenu des renforts de forces de police après un échange téléphonique avec M. Macron.

Criant "c'est la Révolution, on prend la Bastille", les manifestants sont parvenus à forcer la double porte en bois de la mairie située sur un quai de l'emblématique Vieux-Port de la ville à l'aide de barrières de sécurité et à coups de pied. Le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG), a "demandé des comptes" sur l'organisation du maintien de l'ordre.