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Mickaël Mangot : “L'ISR permet à l'épargnant de ne pas être complice de mauvaises pratiques”

D.R

Mickaël Mangot est économiste spécialiste de la finance comportementale, directeur de l'Institut de l'économie du bonheur et auteur du podcast Homo Econovirus qui décrypte les liens entre l’humain, l’économie et la finance.

Les épargnants responsables sont-ils soumis aux mêmes biais cognitifs que les autres ?

Il y a une base commune à tous les épargnants, qui est une somme de biais cognitifs, émotionnels ou sociaux. En temps de crise, ils se traduisent par la surpondération de l’importance des informations négatives, par la porosité entre les émotions et les jugements, et par une forte influence des actions de notre entourage ou de nos pairs investisseurs sur nos propres décisions. Ce sont des biais qui se manifestent également quand le marché est haussier, mais ils sont souvent plus forts en temps de crise : la peur va plus influer sur nos comportements à la baisse, que l’euphorie à la hausse.

L'ISR permet à l'épargnant de ne pas être complice de mauvaises pratiques

Y a-t-il des comportements spécifiques à la finance durable ?

Les épargnants qui investissent dans des fonds durables ont tendance à investir sur le long terme, ce qui les rend plus passifs dans leur gestion. Ils ne vont pas se renforcer ou vendre leurs titres en fonction des performances. La principale vertu associée à ces comportements est qu’en temps de crise, l’épargnant responsable ne va pas vendre au pire moment. Mais cela peut aussi avoir des répercussions négatives s’il a sélectionné un mauvais fonds appliquant de gros frais, sa passivité freinant un arbitrage rapide en faveur d’un meilleur fonds.

Il y a aussi un risque de se croire protégé par la finance durable. Or, même si les stratégies prenant en compte les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance ont affiché pendant le krach de février-mars des performances légèrement meilleures que les stratégies conventionnelles, elles n'ont pas immunisé les investisseurs.

Qu’en est-il de l’impact de l’épargnant responsable ?

L'ISR permet à l'épargnant de ne pas être complice de mauvaises pratiques, mais il s'agit plus de dormir sur ses deux oreilles que de changer le monde. Quand on achète des titres cotés, on achète sur le marché secondaire, donc on ne finance pas directement les entreprises. Ce que l'on va apporter à l'entreprise, c'est de la liquidité pour son titre et la possibilité d'émettre dans le futur dans de bonnes conditions. C’est un impact positif mais indirect. Il existe d’autres placements comme l’épargne solidaire, le crowdfunding ou le capital-risque permettant d’avoir un impact plus direct, mais avec des rendements moindres ou un risque accru.

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