Le projet d'un nouvel incinérateur, voté par le Conseil de Paris mais dont la construction est planifiée à Vitry-sur-Seine, inquiète le département du Val-de-Marne comme l'opposition de cette ville populaire limitrophe de la capitale.
"Je suis extrêmement inquiet de ce projet pour la qualité de vie" des habitants de Vitry, Alfortville "et plus largement des Val-de-Marnais", a exprimé le président du département, Olivier Capitanio, dans un courrier adressé à la maire de Paris, Anne Hidalgo, et consulté par l'AFP.
Selon le département, le projet a été approuvé lors du renouvellement du marché du chauffage urbain pendant le Conseil de Paris du 17 décembre.
"La période de l'appel d'offres qui vient de se clôturer a suspendu temporairement (le) dialogue pour des raisons de confidentialité, mais celui-ci pourra reprendre très rapidement", a réagi la mairie de Paris auprès de l'AFP.
"L'offre lauréate à l'appel à concession du réseau de chaleur permet un verdissement XXL du réseau qui doit atteindre 76% d'énergie renouvelable", a-t-elle assuré. "Il repose notamment sur la création de nouvelles installations de production d'énergies renouvelables locales (...) ou encore d'unités de valorisation comme à Vitry-sur-Seine".
Le maire communiste de Vitry, Pierre Bell-Lloch, assure dans un communiqué que "dans son dialogue avec les entreprises concernées", la municipalité "n'a cessé de réaffirmer son intention de soumettre tout projet à la concertation de ses habitants".
"Même si les pouvoirs des collectivités restent limités, nous avons exigé et obtenu en préalable à toute discussion avec la population que tous les projets garantissent la santé des habitants, utilisent la voie fluviale pour son transport, s'accompagnent de l'installation de nombreux emplois, et représentent un intérêt financier pour les Vitriot.e.s.", ajoute l'édile.
Le sujet pourrait s'inviter dans la campagne des municipales.
"J'ai éprouvé une très grande colère en découvrant le projet", tranche Hocine Tmimi, candidat soutenu notamment par LFI et par le prédécesseur de M. Bell-Lloch.
"On est quand même frontalier avec la ville d'Ivry qui a elle-même un incinérateur", explique-t-il, contacté par l'AFP.
"Je pensais que les territoires servants", c'est-à-dire exploités au bénéfice d'un autre territoire, "c'était du passé, que les villes populaires n'étaient plus dans ce rôle-là", conclut-il.
Notant que "l'annonce par la presse de cette implantation suscite beaucoup de colère dans la population", Michel Leprêtre (PCF), président du Grand Orly Seine Bièvre, territoire qui regroupe 24 communes, demande "qu'une concertation soit mise en place".