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Grand débat: selon les sénateurs, "le plus dur est à venir"

"Le plus dur est à venir": la plupart des présidents des groupes politiques du Sénat ont exprimé scepticisme et inquiétudes quant à la sortie du grand débat, mercredi face à Edouard Philippe. Voici leurs principales déclarations:

- Claude Malhuret (Les Indépendants): "La conclusion du grand débat, c'est un peu une lettre au Père Noël, et si le Président ne veut pas passer pour le Père Fouettard, il va devoir réussir à expliquer que la différence entre le grand débat et le gouvernement, c'est que le gouvernement ne peut s'affranchir du réel (...) Le Président a promis d'entendre le grand débat, c'est heureux, mais il va falloir aussi, pour une part, qu'il lui résiste".

- Bruno Retailleau (Les Républicains): "L'exercice d'aujourd'hui est un peu vain, nous ne votons sur rien. Et vous n'avez pas proposé de solutions puisque vous attendez les solutions de Jupiter (...) Vous ne soignerez pas la blessure à la souveraineté populaire simplement avec des groupes de parole (...) Vous ne pourrez sortir de ce grand manège sans une consultation nationale (...) Une démocratie gouvernée, c'est un bien public important. Alors de grâce, pour vous sauver momentanément, touchez avec parcimonie aux institutions françaises".

- François Patriat (LREM): "Oui à la baisse des impôts, oui à la proximité des services publics, oui à l'urgence de la santé, mais aussi oui à la baisse de la dépense publique (...) Progresser, ce n'est pas s'entêter; progresser c'est écouter, comprendre, agir".

- Eliane Assassi (CRCE, à majorité communiste): "Depuis 21 semaines la France vit au rythme du mouvement social et citoyen le plus long de son histoire. Ce grand débat aurait pu rassembler et être autre chose qu'une tentative de contournement de la colère populaire. Mais Emmanuel Macron, dès le départ, a écarté les thèmes qui fondaient la mobilisation : pas question de rétablir l'ISF, pas question d'augmenter le SMIC, pas question d'imaginer une nouvelle démocratie symbolisée par le RIC. Vous prenez le risque non seulement de décevoir, mais de susciter le désarroi puis la haine".

- Patrick Kanner (PS): "Le grand débat a fait office de palliatif au manque d'écoute de ce début de quinquennat, sans mettre un terme à la fièvre et à la colère d'une France abandonnée (...) Les sujets portés dans ce débat sont infinis. Mais les réponses ne pourront pas être infinies (...) Vous devez aujourd'hui apaiser, en vous appuyant sur tous les partenaires sociaux, collectivités, élus, pour que le débat ne reste pas sans lendemain, pour que la confiance soit retrouvée (...) Pour qu'il y ait de la paix sociale, il faut aussi de la justice sociale".

- Jean-Claude Requier (RDSE, à majorité radicale): "Les quelque 2 millions de contributions enregistrées sont pour nous un échantillonnage de l'état d'une certaine partie de l'opinion, celle qui s'est mobilisée. Nous n'avons finalement rien appris que nous ne sachions déjà. (...) Le plus dur est à venir. Comment répondre à des demandes multiples, parfois incohérentes entre elles? On ne peut pas réclamer simultanément la baisse des impôts et davantage de services publics !"

- Philippe Adnot (non-inscrit): "Je ne peux pas laisser dire qu'avant le grand débat, il n'y aurait pas eu de prise en compte des attentes de nos concitoyens (...) La vérité c'est que si on nous avait un peu plus écoutés (...), nous n'aurions pas donné le prétexte à ce qui s'est passé (...) J'attends les propositions que va nous faire le président de la République (...) nous aurons l'occasion de voir si ces propositions correspondent bien aux attentes de nos concitoyens et (...) si ça ne sera pas en réalité un relookage de propositions qui étaient déjà faites"

- Hervé Marseille (Union centriste): "Les conditions de l'élection présidentielle nous ont privés d'un réel débat. Ce débat, nous venons de l'avoir parce qu'un débat vaut mieux qu'une émeute, c'est évident. Mais un débat n'est qu'un outil d'aide à la décision. Vient le moment des choix. Les institutions républicaines doivent reprendre leur place. La rivière doit rentrer dans son lit".

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