Gilets jaunes : des dizaines de personnes verbalisées à Paris, deux chefs de file en garde à vue

Plusieurs dizaines de personnes ont été verbalisées samedi place de la Concorde à Paris, où elles s'étaient réunies à l'appel des gilets jaunes, malgré l'interdiction officielle, tandis que deux chefs de file du mouvement ont été interpellés devant l'Assemblée nationale, a constaté une journaliste de l'AFP.

Les manifestants - sans gilets jaunes pour la plupart - ont été rapidement entourés d'un cordon de CRS sur la place située en bas de l'avenue des Champs-Élysées.

Selon la préfecture de police, "une trentaine d'individus" étaient "présents sur la place" de la Concorde.

"Les personnes qui gravitaient aux abords du périmètre ont été regroupées sur la place afin de procéder aux contrôles", a indiqué la préfecture de police dans un message à la presse, rappelant que le rassemblement sur la place de la Concorde avait été interdit par arrêté.

"L'ensemble des personnes concernées fera l'objet d'une verbalisation pour non-respect de l'arrêté préfectoral, avant d'être autorisées à se disperser", a précisé la même source.

Des manifestants se sont vu infliger des amendes de 135 euros chacun, a vu la journaliste de l'AFP.

En face de la place de la Concorde, devant l'Assemblée nationale, Benjamin Ball, membre de la coordination des gilets jaunes, et la porte-parole du mouvement Azelma Sigaux ont été interpellés en début d'après-midi dans le calme, a constaté la journaliste de l'AFP.

Ils ont ensuite été placés en garde à vue au commissariat du 17e arrondissement.

"On leur reproche d'avoir organisé une manifestation interdite, mais ils n'ont pas été arrêtés sur le lieu du rassemblement", a déclaré à l'AFP leur avocat, Me David Libeskind.

"Ils s'attendaient" à être interpellés, "leur appel à la désobéissance civile a été fortement médiatisé", a-t-il cependant ajouté.

La coordination des gilets jaunes avait maintenu un rassemblement place de la Concorde à Paris, malgré l'interdiction de la préfecture de police, refusant de rejoindre un parcours intersyndical autorisé.

"Je ne peux pas vivre avec mon 40 heures par semaine", a témoigné l'une des manifestantes de la place de la Concorde, Marie, Parisienne de 20 ans. "Tout augmente sauf les salaires, ils (les dirigeants) mangent des pop-corn en nous regardant nous faire massacrer", a-t-elle ajouté.

Gaylord, père de famille de 46 ans venu de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), s'inquiète, lui, pour l'avenir de ses trois garçons et la dégradation de l'hôpital public. "On a des lycéens qui sont en train d'étudier à 11 degrés, des classes qui ne sont plus chauffées", s'alarme-t-il. "Quand est-ce qu'on arrête ce délire de la représentativité ? Il y en a marre, on veut la démocratie directe, le référendum d'initiative citoyenne, comme les Suisses !", lance-t-il.

Un total de 146.000 personnes ont manifesté samedi en France, dont 46.000 à Paris, lors de la mobilisation "pour la jeunesse et contre la vie chère", selon le ministère de l'Intérieur, deux jours après une mobilisation nationale de grande ampleur à l'appel des syndicats.

De son côté, l'intersyndicale de la jeunesse a comptabilisé pour samedi 250.000 manifestants en France, dont 75.000 dans la capitale.