Gilets jaunes : des dizaines de personnes place de la Concorde à Paris, interpellation d'un chef de file

Plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées à l'appel des gilets jaunes samedi en début d'après-midi place de la Concorde à Paris, malgré l'interdiction officielle, tandis qu'un des chefs de file du mouvement a été interpellé devant l'Assemblée nationale, a constaté une journaliste de l'AFP.

Les manifestants - sans gilets jaunes pour la plupart - ont été rapidement entourés d'un cordon de CRS sur la place située en bas de l'avenue des Champs-Élysées.

"Une trentaine d'individus sont présents sur la place" et "les personnes qui gravitaient aux abords du périmètre ont été regroupées sur la place afin de procéder aux contrôles", a indiqué la préfecture de police dans un message à la presse, rappelant que le rassemblement sur la place de la Concorde avait été interdit par arrêté.

"L'ensemble des personnes concernées fera l'objet d'une verbalisation pour non-respect de l'arrêté préfectoral, avant d'être autorisées à se disperser", a précisé la même source.

Des manifestants se sont vu infliger des amendes de 135 euros chacun, a constaté une journaliste de l'AFP.

Les forces de l'ordre verbalisaient les manifestants d'une amende de 135 euros, a constaté une journaliste de l'AFP.

"Je ne peux pas vivre avec mon 40 heures par semaine", a témoigné l'une des manifestantes, Marie, Parisienne de 20 ans. "Tout augmente sauf les salaires, ils (les dirigeants) mangent des pop-corn en nous regardant nous faire massacrer", a-t-elle ajouté.

Gaylord, un père de famille de 46 ans venu de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), s'inquiète, lui, pour l'avenir de ses trois garçons et la dégradation de l'hôpital public. "On a des lycéens qui sont en train d'étudier à 11 degrés, des classes qui ne sont plus chauffées", s'alarme-t-il. "Quand est-ce qu'on arrête ce délire de la représentativité ? Il y en a marre, on veut la démocratie directe, le référendum d'initiative citoyenne, comme les Suisses!", lance-t-il.

En face de la place de la Concorde, devant l'Assemblée nationale, Benjamin Ball, membre de la coordination des gilets jaunes, et la porte-parole du mouvement Azelma Sigaux ont eux été interpellés en début d'après-midi dans le calme, a constaté une journaliste de l'AFP.

La coordination des gilets jaunes avait maintenu un rassemblement samedi place de la Concorde à Paris, malgré l'interdiction de la préfecture de police, refusant de rejoindre un parcours intersyndical autorisé.

Le choix de la place de la Concorde a été fait car c'est "un lieu emblématique, près de l'Assemblée nationale, un lieu de pouvoir, puisque nos revendications sont politiques", avait expliqué David Libeskind, avocat des gilets jaunes.

Des milliers de personnes sont attendues dans les rues en France pour le quatrième samedi consécutif, sous haute sécurité, deux jours après une mobilisation nationale de grande ampleur à l'appel des syndicats.