La Commission nationale du débat public (CNDP) a formulé jeudi des recommandations sur la gestion des matières et déchets radioactifs, à l'issue d'un débat public de quatre mois, qui s'est notamment penché sur le projet Cigéo d'enfouissement des déchets les plus dangereux.
Ce débat doit permettre d'orienter les travaux d'élaboration du 6e plan national pour la gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR) pour la période 2027-2031, une feuille de route qui fixe la stratégie de la France pour gérer les matières et déchets radioactifs du territoire, quelle que soit leur origine technique et leur niveau de dangerosité.
Les recommandations issues des débats portent largement sur une demande d'accès plus important à l'information pour le public.
Quelque 3.840 personnes, dont plus d'un quart issues de la sphère étudiante, ont pris part aux débats sur ces sujets qui engagent les générations futures.
"Jamais une politique publique n'aura eu à traiter des horizons de temps aussi lointains, vu que certains déchets radioactifs peuvent rester actifs pendant des dizaines de milliers d'années", a souligné Julie Dumont, présidente du débat, en préambule d'un point presse.
Concernant le projet Cigéo, contesté par des associations environnementales, qui prévoit d'enfouir à 500 m sous terre les déchets radioactifs les plus dangereux à Bure (Meuse), à partir de 2050 pour certains types de déchets, "on a encore beaucoup d'interrogations de la part des publics sur la sûreté, la fiabilité de cette solution", a déclaré Julie Dumont.
"Les sujets ont évidemment porté sur les alternatives, les variantes, mais aussi sur la phase industrielle pilote qui devrait durer au moins deux décennies", a-t-elle ajouté.
"Plusieurs étudiants" participants au débat, "ont noté avec d'autres publics que le changement climatique, les instabilités géopolitiques devaient être pleinement intégrées aux réflexions sur la sûreté, notamment", a indiqué Mme Dumont.
Parmi les recommandations, la mise en place d'un "dispositif d'association du public et des parties prenantes au niveau local comme au niveau national tout au long de la phase industrielle pilote". Celle-ci devrait démarrer après l'obtention du décret d'autorisation, à l'horizon fin 2027-début 2028, qui permettra d'engager la construction du site.
Autre recommandation, la mise à disposition du public de "l'ensemble des informations permettant de suivre l'avancement" de la phase pilote "avec plusieurs niveaux de rédaction (expert et grand public) a minima une fois par an".
"L'État a trois mois pour répondre à cette publication", a rappelé Marc Papinutti, président de la CNDP.
Actualisé tous les cinq ans, le PNGMDR "dresse un état des lieux exhaustif de l'ensemble des substances radioactives présentes sur le territoire", recense "les besoins à venir en matière de stockage, de traitement et de recherche, et précise les actions opérationnelles à mettre en oeuvre", rappelle la CNDP.