Le gouvernement souhaite "revoir" la gouvernance des éco-organismes, financés par les industriels pour soutenir les collectivités dans la collecte et le tri des déchets de leur secteur, indique le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre.
"Il faut incontestablement revoir leur gouvernance, pour prélever moins, faire mieux au plan environnemental et stopper l'évolution inflationniste des éco-contributions", déclare-t-il dans un entretien publié mardi par le journal Ouest France.
"Ces dernières, de l'ordre de 3 milliards d'euros aujourd'hui, toutes filières confondues, pourraient grimper à hauteur de 9 à 10 milliards d'euros à horizon 2030. Il faut donc rationaliser leurs dépenses de fonctionnement", poursuit-il.
Mathieu Lefèvre avait déjà haussé le ton contre les éco-organismes, indiquant en janvier qu'il souhaitait un arsenal plus efficace pour sanctionner leurs éventuelles défaillances.
"Nous avons lancé des audits d'éco-organismes pour nous assurer de la bonne utilisation de leurs ressources financières", assure-t-il dans Ouest France.
"Dans le prochain budget, les effectifs dédiés au contrôle des filières pollueurs-payeurs doubleront pour passer à 30 personnes", dit-il encore, à la veille de l'ouverture des Assises de l'économie circulaire à Nantes.
Une "rationalisation" des dépenses des éco-organismes doit aussi permettre de dégager "une enveloppe d'au moins 100 millions d'euros" destinée à aider les collectivités à mettre en oeuvre le plan gouvernemental pour réduire et mieux recycler les emballages en plastique, indique encore Mathieu Lefèvre.
Sous la pression d'élus locaux, le gouvernement avait décidé début septembre de ne pas imposer aux collectivités la consigne pour le recyclage des bouteilles en plastique, une idée pourtant relancée en mai par le chef de l'État Emmanuel Macron.
"Nous allons développer des +contrats de performance+ entre les éco-organismes et les collectivités volontaires" pour "la mise en oeuvre des principaux leviers du plan plastique", précise Mathieu Lefèvre.