François de Rugy souhaite que l'UE recycle ses déchets sur place

Le ministre de la Transition écologique François de Rugy a indiqué mardi qu'il souhaitait que l'Union européenne recycle ses déchets sur place, alors qu'une partie est actuellement exportée en Asie, vers des usines opérant parfois avec peu de considération pour l'environnement.

"Je souhaite que, à l'échelle européenne, on se donne comme règle que nos déchets, on les recycle en Europe", a déclaré le ministre dans une vidéo du média en ligne Konbini News, précisant que l'exportation de déchets recyclables était légale étant donné qu'ils sont considérés "comme une matière première".

Cette déclaration intervient quelques jours après que la Malaisie a annoncé qu'elle allait retourner à l'envoyeur des centaines de tonnes de déchets de plastique, affirmant qu'elle ne voulait plus servir de décharge pour le monde entier.

Après que la Chine a banni début 2018 l'importation de plastiques et de plusieurs autres catégories de déchets qu'elle recyclait jusqu'alors, ces matières ont commencé à être redirigées massivement vers plusieurs pays d'Asie du Sud-Est, notamment en Malaisie.

Cet afflux a entraîné une multiplication rapide du nombre d'usines de retraitement, opérant pour beaucoup sans permis et avec peu de considération pour la protection de l'environnement.

"Je veux faire une enquête" sur les exportations françaises de déchets, a également déclaré M. de Rugy dans la vidéo qui montre des montagnes de déchets s'accumulant dans des villages malaisiens, ainsi que certains emballages de produits français.

Pour les entreprises qui "sont dans l'illégalité, il n'y aura pas de quartier, on va les condamner", a précisé le ministre.

Les pays européens recyclent eux-mêmes certains déchets de plastique considérés comme rentables, en particulier les bouteilles en PET transparent. Mais ils comptent sur l'exportation pour traiter les matières de "mauvaise qualité et à faible valeur", voire tout simplement "non recyclables", selon un récent rapport du réseau d'ONG Alliance globale pour les alternatives à l'incinération (GAIA).

Les taux de recyclage du plastique varient fortement, à 31% en Europe, contre 10% aux Etats-Unis.