France: la facture énergétique des industriels a baissé en 2024, mais toujours 50% plus chère qu'en 2019

En baisse, mais toujours élevé: le prix de l'énergie nécessaire au fonctionnement des usines françaises a diminué de 24% en 2024 selon l'Insee, mais reste largement supérieur au niveau d'avant la pandémie de Covid-19, compliquant l'équation économique de la "réindustrialisation".

"Pour la première fois depuis 2020, année marquée par la crise sanitaire, la facture énergétique [a diminué]" pour les industriels français en 2024, observe l'Institut national de la statistique (Insee) dans une étude publiée mercredi et portant sur 21.300 établissements industriels de 20 salariés ou plus implantés en France.

Après l'épidémie de Covid-19, la reprise économique avait entraîné une forte demande mondiale d'énergie, tirant les prix à la hausse, amplifiée et prolongé par la guerre en Ukraine en 2022, rappelle l'Insee. La hausse avait été beaucoup plus mesurée en 2023, et le recul en 2024 en France correspond à une meilleure disponibilité de l'offre par rapport à la demande.

La facture totale, d'un montant de 17,3 milliards d'euros en 2024, demeure cependant 1,5 fois plus élevée que celle de 2019, bien que la consommation a, dans le même temps, baissé de 16%, poursuit l'Insee.

La problématique est également présente au niveau européen. Début février, les gros consommateurs d'énergie européens, dits industriels électro-intensifs, avaient dit espérer des "initiatives concrètes" pour faire baisser ces prix de manière immédiate, ciblant notamment les frais de réseau ou les taxes.

L'Insee de son côté constate que le prix de l'énergie a davantage reculé en 2024 pour les gros consommateurs, qui ont tendance à souscrire des contrats davantage soumis aux aléas de marché, profitant des reculs de prix quand il y en a.

Par exemple, le prix moyen de l'électricité est 92% supérieur en 2024 par rapport à 2019 pour les petits consommateurs, "alors qu'il ne l'est +que+ de 36% pour les gros".

Globalement, les industriels utilisent principalement deux sources d'énergie, l'électricité (36%) et le gaz (35%), détaille l'Insee. "Suivent ensuite la vapeur (8%), le bois (5%) et les produits pétroliers (4%)".

La consommation globale d'énergie, qui s'élève à 23,4 millions de tonnes d'équivalent pétrole, est en recul de 2% par rapport à 2023, et de 16% par rapport à 2019.

Ce recul traduit l'adaptation de la consommation aux fluctuations de prix, mais aussi du "ralentissement de l'activité et des investissements des entreprises pour limiter leurs coûts", en améliorant leur efficacité énergétique notamment.