La commune de Fos-sur-Mer, au nord-ouest de Marseille, a changé sa source d'approvisionnement en eau potable après une contamination aux polluants éternels PFAS constatée à son puits de captage de la nappe phréatique de la Crau, a indiqué mercredi son maire à l'AFP.
Cette pollution, dévoilée par le site d'investigation local Marsactu, avait été recensée dès fin 2024 par le Grand Port maritime de Marseille à sa propre station de captage, également alimentée par la nappe de la Crau. Dans la foulée, le Port a porté plainte contre X et suspendu la consommation d'eau sur son territoire.
Des analyses effectuées en 2025 par l'Agence régionale de santé (ARS) au forage alimentant Fos-Sur-Mer avaient révélé une pollution au PFAS dépassant "très légèrement" et de manière "épisodique" les limites règlementaires, selon la mairie.
"Des travaux ont été effectués, la Métropole a investi près d'un million d'euros" pour permettre, depuis février 2026, à Fos-sur-Mer de s'alimenter à un autre forage qui n'est pas contaminé, indique à l'AFP le maire Philippe Maurizot. Sur ce forage, l'eau affiche un taux de PFAS "20 fois inférieur" au plafond règlementaire.
Pour exposer la situation aux 16.000 habitants de la commune, la mairie tenait mercredi soir une réunion publique.
"L'idée c'est de jouer la transparence totale sur un sujet majeur, qui nous concerne tous, celui de l'eau potable", souligne M. Maurizot.
Le maire a également signé un arrêté interdisant de boire et de cuisiner avec l'eau tirée des puits et forages privés des particuliers.
La source de cette pollution? "On sait intuitivement que certaines activités industrielles utilisaient des PFAS. Comme tout ce qui est aéronautique. On sait que les aéroports, civils ou militaires, utilisaient ce genre de produit", répond début juin le préfet Jacques Witkowski, dans un entretien avec Marsactu.
Interrogé spécifiquement sur la responsabilité des mousses anti-incendie, très chargées en PFAS, utilisées sur la base aérienne militaire d'Istres, il estimait que "cela a forcément pu y contribuer, mais ce n'est visiblement pas la seule source."
Substances chimiques utilisées depuis les années 1950, certains PFAS peuvent avoir des effets négatifs sur l'humain - augmentation du cholestérol, cancers ou effets sur la fertilité.
La nappe phréatique de la Crau, alimentant en eau potable quelque 270.000 personnes sur 13 communes, sert aussi aux usages agricoles, industriels et militaires, indique sur son site le Symcrau, Syndicat mixte de gestion de cette ressource.
Le secteur, au nord de Marseille, accueille une vaste zone industrielle et des activités portuaires, abritant notamment le quatrième complexe pétrochimique d'Europe.