Plusieurs foyers de nématode du pin, un ver ravageur des résineux, ont été détectés dans les Landes et les Pyrénées-Atlantique, étendant la zone de surveillance à plusieurs dizaines de milliers d'hectares de forêt dans ces départements, a-t-on appris vendredi auprès des autorités.
Selon la préfecture de région, ce ver translucide de moins d'un millimètre, capable de détruire une forêt entière quand il se propage, a été détecté fin août à Orthevielle (sud des Landes) et dans quatre communes de l'est des Pyrénées-Atlantique (Lescar, Lons, Artix et Mourenx), toutes situées hors de l'immense massif forestier des Landes de Gascogne.
Depuis la détection d'un premier cas dans les Landes, à Seignosse, à l'extrémité sud du massif en novembre 2025, une course contre la montre s'est engagée pour parvenir à éradiquer ce petit organisme, via l'abattage des pins dans une "zone infestée" de 500 mètres autour des conifères contaminés et en retirant les arbres morts d'une zone tampon de 20 kilomètres.
Les deux zones tampons s'étendent désormais sur près de 400.000 hectares, au sein desquelles la surface forestière surveillée totalise plusieurs dizaines de milliers d'hectares, a précisé à l'AFP la Direction Régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt.
Sur 8.600 échantillons de pins prélevés autour du foyer initial de Seignosse, 11 ont été déclarés positifs à la contamination par ce vers, indique la Draaf dans son dernier bulletin d'informations.
Une serre confinée au sein d'une plateforme de l'Inrae consacrée à la recherche contre les ravageurs, dont le nématode du pin, a été inaugurée cette semaine dans la banlieue de Bordeaux.
Classé "organisme de quarantaine prioritaire" par la législation européenne, le nématode du pin est considéré par les autorités comme "une menace sanitaire majeure" pour les forêts de résineux.
Aussi appelé "Bursaphelenchus xylophilus", il a déjà sévi en Asie puis au Portugal et en Espagne. Il se transmet par un insecte vecteur de type coléoptère. Sa prolifération bloque la circulation de la sève, conduisant à une mort rapide des arbres infestés.
Selon le ministère de l'Agriculture, la présence du nématode du pin a également été détectée en juillet à plusieurs centaines de kilomètres de là, près d'Orléans.
Le massif des Landes de Gascogne, qui recouvre plus d'un million d'hectares dans les départements des Landes, de la Gironde et du Lot-et-Garonne, est composé à 75% de pins maritimes, dont dépend l'essentiel de l'industrie sylvicole.