Des militants de l'ONG Canopée ont bloqué pendant plusieurs heures l'accès à une papeterie près de Limoges pour protester contre les coupes rases lors de travaux forestiers qui, selon l'association, mettent en danger des espèces protégées.
Une dizaine d'activistes, les bras enchâssés dans des blocs de bétons de plus de 80 kilos, ont empêché entre 9h et 13h30 l'entrée et la sortie de camions sur le site appartenant au groupe américain Sylvamo, a constaté une correspondante de l'AFP.
Le blocage, organisé par l'association de protection des forêts Canopée Forêts vivantes, visait à obtenir de la direction de cette papeterie, qui produit du papier et de la pâte, des engagements de transparence sur ses activités.
"Ce n'est plus acceptable que ces forêts riches en biodiversité soient rasées pour faire de la pâte à papier", a déclaré le directeur de Canopée, Sylvain Angerand.
L'association estime en effet que les coupes rases et autres chantiers forestiers menés par les prestataires de l'entreprise constituent un "risque d'atteinte à des espèces protégées".
En dépit des alertes, l'entreprise Sylvamo, implantée également dans d'autres pays européens, en Amérique du Nord et Amérique latine, "a continué ces chantiers entre juillet et septembre 2026", déplore dans un communiqué Canopée, citant l'exemple d'une "destruction d'un gîte de chauve-souris Barbastelle dans la Creuse".
Canopée indique aussi avoir déposé plainte le 8 octobre auprès du pôle régional spécialisé en matière d'atteintes à l'environnement du tribunal judiciaire de Limoges.
Jeudi matin, les militants ont demandé que les fournisseurs de l'usine fassent preuve "d'un minimum de diligence avant toute coupe afin d'identifier les risques et de prévenir les atteintes à ces espèces et à leurs habitats".
Canopée appelle le gouvernement à donner aux préfets et à l'Office français de la biodiversité (OFB) "des instructions claires pour faire respecter la réglementation relative aux espèces protégées et à leurs habitats lors des travaux forestiers".
Au total, plus d'une quarantaine de camions n'ont pu accéder au site de Saillat-sur-Vienne, et de nombreux autres ont fini par être détournés sur les autres sites de l'usine par la gendarmerie.
Les activistes ont levé leur blocage après avoir obtenu de la direction de Sylvamo une rencontre prochaine pour "discuter de vive voix" de leurs revendications.
Selon M. Angerand, l'association promet de "revenir" si les réponses apportées ne lui "conviennent pas".