Fonction publique: le Fonds pour l'insertion des personnes handicapées alerte sur sa situation budgétaire

Le Fonds d'insertion des personnes handicapées dans la fonction publique demande un débat parlementaire pour réviser à la hausse le taux d'emploi légal des personnes handicapées fixé à 6%, mais qui met son modèle économique en péril en l'état, selon un courrier consulté par l'AFP mercredi.

Créé en 2005 le FIPHFP s'est imposé comme un pivot des politiques publiques en faveur de l'insertion professionnelle des personnes en situation de handicap dans les trois versants de la fonction publique (État, hospitalière, territoriale).

Il propose notamment des actions pour accompagner les travailleurs handicapés, oeuvre en faveur de l'accessibilité numérique, de l'accompagnement des handicaps notamment psychiques, et forme les encadrants.

Pour la première fois mi-avril, le taux d'emploi de personnes handicapées dans la fonction publique a dépassé le seuil légal de 6%, soit 306.910 agents bénéficiaires de l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés (BOETH) sur quelque 6 millions d'agents au total.

Le FIPHFP avait salué un "cap historique" franchit dans l'inclusion des personnes en situation de handicap: à la création du fonds, le taux d'emploi des personnes handicapées dans la Fonction publique s'établissait à 3,55%.

Mais cette bonne nouvelle n'est pas sans conséquence pour la situation budgétaire du fonds, financé par les contributions des employeurs publics qui ne respectent pas cette obligation.

Selon le modèle actuel, "plus le FIPHFP atteindra les objectifs de sa mission, plus ses moyens d'intervention diminueront", selon les termes d'une délibération interne consultée par l'AFP.

Et les résultats financiers en 2024 et 2025 ont déjà mis en évidence "un déficit croissant qui se confirme en 2026" et risque de continuer à s'aggraver, "entrainant une diminution des réserves de trésorerie du FIPHFP jusqu'à leur extinction" d'ici à 2030, alerte Françoise Descamps-Crosnier, présidente du comité national du FIPHFP, dans un courrier adressé à Camille Galliard-Minier, ministre déléguée chargée de l'autonomie et des personnes handicapées.

Pour tenter d'y remédier, le FIPHFP réclame un débat parlementaire pour réviser à la hausse ce taux d'emploi de 6%, sans avancer un chiffre précis, ainsi que le lancement d'une mission d'inspection sur l'avenir de son modèle économique.