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"Fin de banquet" pour François de Rugy, se moque la presse

C'est la "fin de banquet" pour François de Rugy qui a démissionné mardi de son poste de ministre de l'Ecologie après une semaine de polémiques autour de repas fastueux lorsqu'il présidait l'Assemblée nationale, se moque mercredi la presse qui dénonce aussi sa ligne de défense.

"À l'heure des gilets jaunes, il ne fait pas bon abuser des homards. Surtout pas aux frais de la princesse", conseille Claude Mislin dans les Dernières Nouvelles d'Alsace.

"Le Château d'Yquem, les crustacés dodus, les boiseries dorées, les pétales de rose, le dressing ça ne pouvait que rester en travers de la gorge d'une opinion déjà rincée", tousse Florence Chédotal dans La Montagne.

Dans le Figaro, Vincent Trémolet de Villers se dit "ébahi devant la légèreté d'un ministre qui, en même temps qu'il demande à l'artisan qui roule en diesel de changer de voiture, profite à plein des largesses de l'État".

La démission du numéro 2 du gouvernement permet à Emmanuel Macron d'éviter "une crise politique", un an après l'affaire Benalla, analyse par ailleurs le quotidien conservateur.

Libération, lui, ricane: "Entrée, plat, désert", écrit-il en "une" avant de railler la défense du ministre qui s'est dit victime d'un "lynchage" du site Médiapart.

"Cela demeure quand même une drôle de ligne de défense. Surtout quand, comme lui, on appartient à ce nouveau monde macronien pour qui la moralisation de la vie politique fut un tremplin vers le succès", écrit Paul Quinio.

-"Comportement cynique"-

Une ligne de défense pilonnée aussi par l'Humanité. "La défense des abuseurs est toujours la même... ils sont tellement nourris à l'impunité qu'ils ne sont même plus capables de s'excuser", dénonce le quotidien communiste.

"Les images du dîner de Lassay ont choqué la France entière, révélant un pouvoir perché dans les fastes du château alors que l'horizon s'assombrit pour tant de foyers", selon le journal.

Dans le Courrier Picard, Jean-Marc Chevauché s'étonne: "les mêmes qui ont applaudi des deux mains aux révélations concernant les costumes de Fillon ou la délinquance financière de Cahuzac, s'indignent aujourd'hui face à l'acharnement dont souffrirait Rugy", écrit-il.

François de Rugy "incarne à la perfection ce nouveau monde qui ressemble fort au pire de ce qui se faisait dans l'ancien", observe Léo Purguette dans La Marseillaise.

"Quant à sa démission, à défaut de produire un changement de politique du gouvernement, elle le reconnectera à la vie réelle plus sûrement que ses dîners de gala entre amis de la haute société", présume-t-il.

Dans La République des Pyrénées, Jean-Marcel Bouguereau dénonce un "comportement cynique" du ministre "en totale contradiction avec lui-même, qui avait bâti sa carrière d'élu sur la transparence, et qui, en 2011, a signé une proposition de loi visant à rendre publique l'utilisation des crédits alloués aux parlementaires".

Pour La Nouvelle République, "la somme des révélations laisse songeur sur les pratiques d'un élu qui a toujours prôné une stricte transparence", relève son éditorialiste Christophe Hérigault.

Avec "ce départ précipité" c'est la majorité qui se trouve "questionnée à la fois sur son exemplarité brandie en étendard et la sincérité de ses engagements environnementaux", note Dominique Garraud dans La Charente Libre.

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