Feu vert espéré à l'automne pour un projet d'usine de recyclage textile en Moselle

La start-up américaine Circ espère obtenir à l'automne le feu vert pour construire d'ici 2029 à Carling (Moselle) une usine de recyclage chimique des textiles, un projet de 450 millions d'euros qui ne sera pas classé Seveso et ne rejettera pas d'eau dans l'environnement, ont assuré mardi ses promoteurs.

L'entreprise basée en Virginie, qui compte 60 salariés dans le monde dont dix en Europe et trois en France, va déposer en juillet une demande d'autorisation environnementale puis de permis de construire, a indiqué le directeur général de Circ France, Guillaume Thomé, lors d'une conférence de presse à Saint-Avold, près de Carling.

Le dossier doit ensuite être examiné par la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal), et l'entreprise estime avoir de "bonnes chances" d'obtenir un avis favorable d'ici octobre, a-t-il ajouté.

Le projet a été amélioré puisqu'il doit être doté d'une station de traitement des eaux, a précisé le dirigeant: l'usine fonctionnera en circuit fermé et évitera ainsi de rejeter chaque année un million de mètres cubes d'eau dans la nature.

Ce projet avait été officialisé l'an dernier lors du sommet Choose France. Il doit être implanté sur le site de l'ancienne cokerie de Carling, fermée en 2009 et actuellement en cours de dépollution.

Avec 200 embauches à la clef, l'accueil sur place est "très favorable", assure M. Thomé.

Présenté comme une "révolution" par l'entreprise, le site "sera le premier de son genre à recycler" des textiles en polycoton (un mélange de coton et de polyester), ces deux matières représentant 77% de la production mondiale de textile.

Le procédé mis en oeuvre "permettra de détourner des millions de tonnes de vêtements des décharges, des incinérateurs et du grand export chaque année, tout en réduisant les émissions par rapport à la production vierge", vante l'entreprise.

Le produit entrant sera constitué de chutes de textile et de vêtements portés, dépossédés de leurs ornements, braguettes ou boutons. Il sera traité dans une sorte de "cocotte-minute géante".

Deux usines de démonstration sont déjà en service depuis quatre ans aux États-Unis, rendant Circ "prêt pour une usine de taille mondiale", qui aura une capacité de traitement de 71.500 tonnes par an, soit un million de vêtements par jour.

"Si on veut avoir un impact pour que cette industrie passe du linéaire au circulaire, il faut qu'on voie grand", a souligné M. Thomé.

Selon Circ, 833.000 tonnes de vêtements sont proposées à la vente chaque année en France, mais seulement 268.000 tonnes collectées, et 188.000 tonnes triées et régénérées.