Face à la baisse démographique, l'Éducation teste une nouvelle méthode de carte scolaire

"Un changement de méthode": le ministère de l'Éducation lance une expérimentation de construction de la carte scolaire fondée sur les réalités démographiques et géographiques locales, menée dans 18 départements, a-t-il annoncé jeudi dans un communiqué.

"À partir d'une projection démographique pluriannuelle, les acteurs de ces territoires travailleront ensemble leur carte scolaire au regard de différents critères, notamment les effectifs attendus et les contraintes de transport propres à chacun", détaille le ministère.

Un travail collectif qui devra déboucher sur "un schéma d'emploi cohérent" et qui sera présenté en loi de finances, poursuit-il.

"Nous inversons la logique en partant du terrain", résume le ministre de l'Éducation Édouard Geffray, selon qui "cette nouvelle approche replace pleinement l'école au coeur des enjeux d'aménagement du territoire, avec une vision à long terme."

Face à la "vague sismique" de la baisse démographique, il faudra "réfléchir à ce que doit être l'offre scolaire sur le territoire à long terme", avait-il déjà affirmé au début du mois.

Écoles, collèges et lycées publics ou privés sous contrat auront perdu près de 1,7 million d'élèves en 2035, selon des projections du ministère.

L'expérimentation aura lieu dans l'Aisne, les Hautes-Alpes, le Cantal, la Charente, les Côtes-d'Armor, le Doubs, la Drôme, le Finistère, la Gironde, l'Indre, la Loire-Atlantique, la Manche, la Meurthe-et Moselle, le Pas-de-Calais, la Saône-et-Loire, les Yvelines, le Tarn-et-Garonne et la Martinique.

"Si ça fonctionne, je généraliserai la méthode l'année prochaine", avait assuré le ministre à l'Assemblée la semaine dernière.

Du côté des organisations syndicales, l'initiative est accueillie avec un intérêt mêlé de vigilance.

"On accueille favorablement cette expérimentation et on espère qu'elle donnera des pistes satisfaisantes ", a réagi auprès de l'AFP Julien Fournié, secrétaire national du SE-Unsa.

"C'est une bonne idée de partir des besoins du terrain, mais quels objectifs on se fixe pour l'école ? Quelle école on veut pour notre pays ? ", interroge de son côté Laetitia Aresu, secrétaire nationale de la CFDT Éducation, qui insiste sur la nécessité d'"alléger les effectifs ".

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, juge la démarche "intéressante", tout en alertant sur deux risques : "le poids de la contrainte budgétaire" face aux besoins exprimés localement et "la perte de la dimension nationale de notre politique éducative ".