Etienne Pot prend la tête de Santé publique France, bousculée cette année

Le médecin addictologue Étienne Pot prend la tête de Santé publique France (SpF), agence sanitaire nationale bousculée ces derniers mois par une remise en cause de certaines missions, avec la volonté affichée de rendre "accessibles à tous" ses campagnes de prévention et de "moderniser" sa surveillance sanitaire régionale.

Cet ex-délégué interministériel à la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement, qui était directeur général de SpF par intérim depuis mi-août, est nommé pour un mandat de trois ans renouvelable, aux termes d'un décret présidentiel daté du 19 octobre, publié mardi.

Avec 685 millions d'euros de budget et 595 agents, Santé publique France a pour missions la surveillance épidémiologique de la population (maladies infectieuses), la veille sanitaire (épidémies, risques environnementaux), ainsi que la prévention et la promotion de la santé (addictions, nutrition...) notamment via des campagnes d'information.

Son action a été scrutée par trois missions récentes de l'Inspection générale des affaires sociales, sur son organisation, ses missions de communication et "le fonctionnement de ses cellules régionales" -les conclusions de la troisième sont "encore attendues", a indiqué M. Pot lors de son audition par la commission des Affaires sociales du Sénat le 7 octobre.

Les 16 cellules régionales, qui surveillent l'émergence des épidémies, "devront évoluer avec une automatisation plus marquée" de leurs bulletins de surveillance, grâce à "l'IA" notamment, pour "libérer du temps humain pour la surveillance de terrain", a-t-il estimé.

Les rapports de l'IGAS doivent servir à "la réorganisation de l'agence", afin "qu'elle soit plus performante, lisible, en adéquation avec les enjeux de santé publique" tels "le vieillissement, le changement climatique et bien évidemment la santé des jeunes", a dit M. Pot aux sénateurs, avec notamment des campagnes de prévention "accessibles à tous".

Une "meilleure remontée" des informations provenant des établissements médico-sociaux, de la médecine de ville et ambulatoire doit notamment, selon lui, permettre de mieux suivre l'état de santé de personnes "très vulnérables, en situation de handicap ou vivant dans la rue".

Se disant attaché à préserver "l'intégrité scientifique" de l'agence et favorable à la publication des rapports de l'IGAS, Etienne Pot a défendu au Sénat le "travail exemplaire" des agents de SpF qui, "ces derniers mois, se sont sentis très attaqués dans leurs fonctions scientifiques".

La réorganisation de la communication de SpF a notamment été vue comme une "reprise en main" par Matignon -qui valide désormais les campagnes de prévention avant diffusion- par le collectif "Santé publique en danger". Composé d'agents de SpF et d'une intersyndicale, il a aussi dénoncé un retard dans le déploiement de campagnes sur la canicule, le tabac et les paris sportifs.