Environnement

Sommes-nous trop nombreux sur la planète ?

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La croissance de la population risque t-elle de compromettre un avenir durable ?

C'est un sujet tabou. Ou presque ! Dire que nous sommes trop nombreux sur la planète soulève, en effet, une multitude de réactions invitant les religions, les politiques, les sociologues et autres acteurs du futur à radicaliser leur pensée. On préfère donc reporter au lendemain cette vraie question ou l'aborder fugitivement. L'autre semaine, pourtant, 15 000 scientifiques lançaient un appel pour la sauvegarde des ressources planétaires en pointant l’agriculture et la démographie comme les premières coupables. « 2 milliards de personnes supplémentaires depuis 1992 (date du Sommet de la terre à Rio) compromettent un avenir durable » résumaient les chercheurs. L'actualité a déjà tourné la page de cette mise en garde.

Croissance et pauvreté

Las, le naturaliste Jean-Claude Hermans a revisité l’histoire de l'humanité pour en extraire les prises de consciences précédentes. On est surpris d'apprendre, qu'au quatrième siècle avant Jésus Christ, alors que la terre abrite moins de 200 millions d'habitants (35 fois moins qu'aujourd'hui) Aristote s'inquiète du nombre croissant des populations qui conduira inévitablement à la pauvreté. Plus tard, Thomas Malthus (le malthusianisme) publie un essai liant la surpopulation et la misère. Bien d'autres ont enchaîné, laissant de marbre les décideurs. On se rappelle de René Dumont, qui en fait l'un des thèmes de sa campagne présidentielle, du Club de Rome qui lance « Halte à la croissance » en 1972, d'Albert Jacquard qui publie « 5 milliards d'hommes dans un vaisseau » ou encore du Commandant Cousteau qui n'hésite pas à clamer « nous devons éliminer 350 000 personnes par jour ! ». Comme avec les requins, l'homme au bonnet rouge ne fait pas dans la dentelle. Reste que l'objectif à atteindre vise prioritairement l'aide aux femmes du tiers-monde qui subissent l'enfantement, telles les « mécaniques biologiques » de Descartes.

Quoi qu'il en soit, je ne serais pas étonné que les politiques se repassent une nouvelle fois la patate chaude faute d'assumer leur responsabilité. Au fond, ce n'est pas si grave car les scientifiques nous informent qu'en 2020 l’intelligence artificielle prendra le pas sur l’intelligence humaine. Je suis curieux de voir comment cette nouvelle venue va traiter le problème...