Environnement

Mégots de cigarettes : et si on changeait nos habitudes ?

Cendrier installé à l'entrée d'une station de métro à Lyon.
©JEAN-PHILIPPE KSIAZEK/AFP

La ville de Bordeaux a annoncé la semaine dernière le lancement de son opération « zéro-mégot », en partenariat avec l'association ÉcoMégot. Une initiative qui fait écho à plusieurs autres projets menés dans l'Hexagone, qui mettent en avant le recyclage de ces déchets : ambition, les faire complètement disparaitre de nos rues.

Se débarrasser des millions de mégots qui jonchent chaque année nos trottoirs, un rêve impossible ? Pas nécessairement, à condition d'adopter quelques bons réflexes individuels, voire de se tourner vers les solutions pratiques proposées par des associations et des entreprises qui mènent régulièrement des actions de collecte et de recyclage sur le territoire. Avec, en point de mire, la fin de la propagation de ces déchets hautement polluants.

Un petit geste, un grand pas

Car jeter un mégot dans la rue n'est pas un geste sans conséquences. En premier lieu parce que celui-ci mettra en moyenne 15 ans pour disparaitre complètement dans la nature. Et qu'une fois sur les trottoirs, il finira généralement sa course dans les égouts, voire dans la mer, où un seul d'entre eux pourra alors contaminer 500 litres d'eau, libérant les quelque 4000 substances polluantes qu'il contient.

Ensuite, parce que cette habitude peut avoir un impact fâcheux sur le portefeuille. Depuis plusieurs années, des amendes de 68 euros -au lieu des 35 euros initialement prévus- peuvent être distribuées aux jeteurs de mégots dans certaines métropoles françaises comme Paris, fruit de la politique des villes qui souhaitent combattre les incivilités. Dans la capitale française, on estimait à 350 le nombre de tonnes de mégots ramassées chaque année.

Premier réflexe à adopter ? Utiliser par exemple l'une des nombreuses poubelles classiques disséminées dans les villes, après avoir préalablement éteint sa cigarette, voire des poubelles munies d'éteignoirs qui se sont multipliées ces dernières années. Et quand aucune de ces deux options ne pointe son nez à l'horizon, il est toujours possible de se munir de son propre cendrier de poche, disponibles un peu partout sur Internet ou en magasins. A la plage, en forêt voire en voiture -côté passager évidemment- il permettra de ne plus ternir l'environnement. Décliné en plusieurs modèles, il existe notamment des cendriers de poche recyclables ou biodégradables

Quand le mégot se recycle 

Mais que faire pour pousser un peu plus le curseur ? Ne plus jeter ses mégots est certes un premier geste. Mais depuis maintenant quelques années, des entreprises et associations se sont engouffrées dans la brèche en s'emparant d'une question alors peu étudiée : le recyclage de ces déchets. C'est le cas par exemple de Mégo et d'EcoMegot, qui proposent de nouer des partenariats avec des villes pour l'installation de bornes cendriers où les mégots seront ensuite collectés, puis recyclés, par exemple en mobilier urbain ou matières plastiques. 

La première a lancé l'offensive en septembre dernier, en déployant une vingtaine de cendriers à Castres, faisant de la ville du Tarn une pionnière sur ce genre d'initiatives. Les mégots sont ensuite envoyés dans une usine de traitement à Bret, où les filtres deviennent « des billes de plastique pour créer du mobilier, des cendriers ou des jetons de caddies ». La seconde, EcoMegot, a fait du quartier de la Bastide, à Bordeaux, sa base d'expérimentations. La semaine dernière, la ville a annoncé le lancement de son opération « zéro mégot », fondée sur l'installation d'une cinquantaine de cendriers, avec l'ambition d'assurer une collecte verte (à vélo) et de transformer les mégots en plastique ou de les valoriser en énergies. Des initiatives qui pourraient en inspirer d'autres. 

A domicile ou au bureau

« Certes, mais je n'habite ni à Bordeaux ni à Castres, alors comment faire ? » D'autres startup ont pensé à vous. C'est le cas par exemple de Terracycle, qui propose des boites zéro déchet pour les mégots. Une fois la boite remplie puis retournée, ceux-ci sont alors disséqués, pour donner une seconde vie aux différents matériaux : les tissus sont « réutilisés, upcyclés ou recyclés selon leurs précédentes utilisations », les métaux sont fondus de façon à être réutilisés, les fibres et matières organiques sont recyclées ou compostées et les plastiques sont extrudés puis transformés en granulés qui sont utilisés dans la fabrication de produits recyclés. Preuve qu'il y a de quoi faire avec un déchet d'apparence si peu ragoutante. Point bonus, Terracyle précise aussi accepter « l'emballage plastique du paquet, feuille d'aluminium à l'intérieur du paquet, filtres, papier à rouler et cendres ».

Mais ce dispositif a un prix, pas forcément accessible au grand public. En attendant, il est toujours possible de proposer à la direction de mettre en place ces petites boites, voire de faire appel à la société Cy-clope, qui a fait de la récupération des mégots en entreprises son cheval de bataille. Procédé : installations de cendriers design, récupération des déchets avant de les transformer.