Humeur

La reprise économique au détriment de Dame nature?

Une route en construction
©Juan Enrique del Barrio/Shutterstock

Et si la reprise économique annoncée, et tant attendue, se faisait au détriment de la nature? Allain Bougrain-Dubourg nous livre un avis sans concession.

La petite musique d'une possible reprise économique réveille en nous l'épanouissement des trente glorieuses. Ah, les grands travaux, l'aménagement, les piscines olympiques et les rond-points, les bretelles d'autoroute et les hypermarchés... que de progrès en perspective ! En prévision de cette résilience, l'Etat envisage de simplifier les contraintes administratives dans les plus brefs délais.

Et devant les pisse-vinaigres écolos, qui craindraient pour Dame nature, promis juré, on maintiendra la volonté de préserver les milieux naturels et la faune associée. N'empêche que les gardes fous semblent bien fragiles. Le grand hamster d'Alsace et le pique-prune, ça commence à bien faire dénoncent les « progressistes » qui en viennent à se plaindre de Natura 2000, ces territoires d'exception dont la gestion est pourtant réalisée collectivement.

Les promoteurs à la manoeuvre 

De même, les mesures compensatoires apparaissent comme une contrainte surréaliste. Et que dire des éoliennes qui ne peuvent s'enraciner suffisamment en raison des protestations ? Même les zones humides ne trouvent pas grâce aux promoteurs. Elles occupent un espace plein de promesses qui végète comme des lentilles d'eau. Las, il serait peut-être temps de rappeler que ce ne sont pas les « écolos » qui déterminent les potentialités d’aménagement, mais le droit. Rien que le droit. Or, ce dernier reste le fruit d'une démarche démocratique conduite par les représentants du peuple à l'Assemblée Nationale. Au rythme actuel, 70 000 hectares de béton et d'asphalte rongent chaque année les milieux agricoles et naturels. Ce qui équivaut à la surface d'un département tous les 7 ans. La question se pose donc de savoir quelle France nous voulons pour demain...