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Environnement

Face aux vagues de chaleur, "la société française doit encore s'adapter"

Valérie Masson-Delmotte, climatologue, membre du Giec (ONU).
©YANN COATSALIOU/AFP

La société française, si elle a retenu quelques leçons de la canicule de 2003, doit encore faire des efforts pour s'adapter aux épisodes de forte chaleur, juge la climatologue Valérie Masson-Delmotte, à la lumière de l'épisode climatique que connaît cette semaine la France métropolitaine.

"Il y a, depuis 2003, une vraie attention portée aux personnes âgées dans les collectivités - comme les anciens isolés, repérés par les mairies. Mais la société française doit encore s'adapter pour prendre en compte les vagues de chaleur", juge la paléoclimatologue, experte climat auprès de l'ONU, dans un entretien au Parisien paru samedi. "En cette fin d'année scolaire par exemple, il y a beaucoup d'évènements, des spectacles, de fêtes dans les associations. Et là, rien n'est prévu", souligne-t-elle, alors que la France "n'a jamais enregistré de telle chaleur aussi tôt dans l'année", et donc "pendant le baccalauréat, et à un moment où les enfants sont encore à l'école".

Végétaliser les écoles, adapter le temps de travail...

Cette concordance met en lumière "combien les établissements scolaires ne sont pas adaptés", juge Valérie Masson-Delmotte, pour qui le fait de végétaliser les cours de récré, par exemple, semble être "une bonne idée à appliquer vite", alors qu'à ce jour, "la plupart sont bitumées et renvoient la chaleur dans les salles de classe pendant les leçons". Concernant la vie des entreprises, elle préconise pour la France de s'inspirer de ses voisins, comme l'Allemagne par exemple où, "à partir de 27°C, les horaires sont raccourcis de manière à limiter la fatigue de l'organisme".

Concernant le lien entre cet épisode et le dérèglement climatique, Mme Masson-Delmotte renvoie à une étude du groupe régional d'expertise sur le changement climatique en Île-de-France, dont il ressort "qu'un tel évènement est rendu trois fois plus probable" et que les vagues de chaleur similaires "auraient environ 2°C de moins sans changement climatique".

Chaque tonne de CO2 émise dans l'atmosphère rend ces évènements extrêmes plus probables et plus intenses."

"Un enfant né en 2020 sera sept fois plus exposé aux vagues de chaleur que ses aïeuls, selon une récente étude de la revue scientifique Nature", ajoute la scientifique, soulignant que "chaque tonne de CO2 émise dans l'atmosphère rend ces évènements extrêmes plus probables et plus intenses". "Or pour l'instant nous en ajoutons 45 milliards dans l'atmosphère chaque année", conclut-elle.

Avec AFP.

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