Environnement

Et si l’écologie ne s’arrêtait pas à la porte des toilettes ?

©Biom

Vous étiez-vous déjà intéressés à l’impact écologique du balai brosse qui se trouve dans vos toilettes ? De sa matière ? De son utilisation ? C’est à cet objet en particulier que la société Biom Paris a décidé de s’intéresser, pour en commercialiser une version "ecofriendly", conçue à partir de matière plastique recyclée, de matière biosourcée et éco-conçue. Rencontre avec la dirigeante de Biom Paris, Sandra Legel.

Que signifie Biom ?

BIOM, cela veut dire Business Innovant Ouvert au Monde. On réinvente l’hygiène et le quotidien de nos salles de bain et on développe des produits innovants inspirés de la nature et surtout respectueux de la nature.

Vous parlez de la salle de bains, mais le balai-brosse que vous commercialisez est plutôt pour les toilettes non ?

Oui tout à fait, mais il s’agit du premier objet que nous avons créé il y a un an et sur le marché depuis septembre 2017. Pourquoi un balai pour les WC ? Parce que c’est un objet que tout le monde connait, que tout le monde utilise, mais en même temps tout le monde s’en moque. Pourtant, même avec cet objet, on peut faire des économies et utiliser des matières respectueuses de la nature.

On utilise des matières plastiques recyclées. Avant, la brosse était du mobilier de jardin, des seaux ou des pelles."

Vous faites une projection de ce que représente le gâchis lorsque l’on utilise un balai-brosse classique -  2700 litres gaspillés et 30 000 arbres abattus chaque année pour trois gouttes sur la lunette des WC. N’est-ce pas un peu exagéré ? Y a t-il vraiment un impact ?

L’impact, ce n’est pas que cela. Ce que nous avons fait, avec la coopérative Mu - une agence d’écoconception – c’est un focus sur un produit que tout le monde utilise. On montre que même dans l’usage, où tout le monde pense qu’il n’y a pas d’impact, il y en a quand même un. Tout le monde se souvient avoir sorti la brosse des toilettes et vu des gouttes tomber. Avec notre brosse, on va remédier à cette problématique. Mais pas qu’à celle-là. BBB la brosse a déjà eu une autre vie. La matière utilisée avait déjà eu une autre destination. Par exemple, on utilise des matières plastiques recyclées. Avant, la brosse était du mobilier de jardin, des seaux ou des pelles. On utilise aussi des algues de Saint-Malo : des matières biosourcées de proximité. Notre brosse a un impact environnemental moindre qu’un balai brosse classique avec des picots synthétiques. Nous ne souhaitons pas contribuer à alimenter le septième continent.

La brosse est à 39 Euros. Est-ce que vous pensez que le marché est prêt à payer ce prix pour ce type de produit ?

Je pense que oui, car les ventes ont bien démarré. On a voulu donner une identité au produit. En plus de l’utilisation de nouvelles matières, il y a un nouveau design. C’est aussi de la fabrication française. Et cela a un coût. On ne peut pas se comparer avec d’autres brosses qui sont fabriquées dans d'autres pays et ne coûtent pas cher. Notre brosse va durer plus longtemps. Le prix va ainsi être rentabilisé sur les années.

Vous expliquez que l’écologie ne s’arrête pas à la porte des toilettes. Qu’est-ce que cela veut dire ?

Cela veut dire que même avec un objet aussi simple qu’un balai-brosse pour les toilettes, on peut avoir un impact. En choisissant un objet de masse, j’ai voulu que tout le monde puisse comprendre qu’on peut vraiment innover grâce à l’écoconception et au biomimétisme, et avoir un impact dans notre quotidien. Nous sommes l'une des premières sociétés à produire des balais-brosses avec ce genre de matériaux, mais on peut le faire pour d’autres choses. Nous travaillons actuellement sur un papier toilette et sur une éponge biomimétique. En moyenne, on passe plus de deux ans dans les toilettes. Aujourd’hui, c’est considéré comme un lieu de passage. Mais c’est beaucoup plus que cela. C’est un lieu de détente et c’est souvent aux toilettes ou sous la douche que l’on a les idées les plus inspirantes.

Une interview réalisée en partenariat avec France Inter. Pour écouter la chronique Social Lab, cliquez ici