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Introduction à l'investissement socialement responsable

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La crise financière de 2008 et les scandales successifs qui ont éclaté depuis sont venus le rappeler : les notions de finance et d’éthique ne vont pas toujours de pair, en raison notamment d’un défaut de transparence vis-à-vis du grand public et d’objectifs uniquement centrés sur le court terme, au détriment parfois de la Planète et de l’Humain.

Mais depuis un certain nombre d’années, un courant financier se développe en se démarquant des territoires classiques, avec l’ambition de concilier la performance financière et les impacts positifs sur la société et l’environnement. La Finance Utile reste pourtant encore peu connue du grand public, malgré sa croissance rapide.

Parmi ses principaux instruments, l’investissement socialement responsable, ou ISR, consiste à prendre en compte, dans ses choix de placements, l’impact des entreprises (ou entités publiques) financées sur l’environnement et la société. Les fonds dits ISR peuvent par exemple exclure de leur univers d’investissement les secteurs d’activité de nature à nuire à la biodiversité ou aux droits fondamentaux, faire le choix de ne retenir que des sociétés actives dans des secteurs clés du développement durable ou encore engager un dialogue avec ces dernières pour influer sur leur comportement de manière positive. L’enjeu central est de répondre aux attentes grandissantes d’investisseurs soucieux de diriger leurs fonds vers des entreprises aux comportements responsables et de peser sur leurs pratiques

L’ISR est un placement qui vise à concilier performance économique et impact social et environnemental en finançant les entreprises et les entités publiques qui contribuent au développement durable quel que soit leur secteur d’activité. En influençant la gouvernance et le comportement des acteurs, l’ISR favorise une économie responsable.                     

Critères extra-financiers

Pour constituer leurs fonds ISR, les sociétés de gestion sélectionnent ainsi des actifs (actions, obligations, monétaire, immobilier) au regard de critères financiers classiques, mais aussi de critères extra-financiers afin de prendre en compte les enjeux du développement durable. Réunis en trois piliers, ces critères sont dits ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) :

  • Critères de gouvernance

Prennent en compte l’impact direct ou indirect de l’activité d’une entreprise sur l’environnement (AFG). Sont par exemple pris en
compte les politiques d’économie d’énergie ou de gestion des ressources et des déchets, ainsi que les émissions de gaz à effet de serre.

  • Critères sociaux

Concernent l’impact direct ou indirect de l’activité de l’entreprise sur l’ensemble de ses parties prenantes. Le respect des droits des salariés, la gestion des ressources humaines ou la qualité du dialogue social sont ainsi concernés.

  • Critères de gouvernance

Portent sur la manière dont l’entreprise est dirigée, administrée et contrôlée. Ils recouvrent notamment les mesures anti-corruption, la
relation avec les actionnaires, la rémunération des dirigeants ou encore l’équilibre des pouvoirs.

La prise en compte des critères ESG constitue ainsi une réponse à l’échec d’un modèle de développement uniquement axé sur le court terme, en contribuant à valoriser des formes d’investissement et des émetteurs qui inscrivent le développement durable et la Responsabilité Sociétale des Entreprises au coeur de leurs politiques. Elle représente également un moyen possible pour la finance de tendre vers la résolution d’enjeux globaux, concrétisés par l’adoption des 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) par 193 pays des Nations Unies en 2015 en vue d’agir « pour éradiquer la pauvreté, protéger la Planète et faire en sorte que tous les êtres humains vivent dans la paix et la prospérité ». Elle donne à chaque investisseur, institutionnel ou particulier, la possibilité de diriger ses placements vers des structures qui favorisent la réduction des inégalités, l’adoption d’énergies propres ou encore le développement de modes de consommation plus responsables.

Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) : Intégration volontaire des préoccupations sociales et écologiques des entreprises à leurs activités commerciales et leurs relations avec leurs parties prenantes. Être socialement responsable signifie non seulement satisfaire pleinement aux obligations juridiques applicables, mais aussi aller au-delà et investir « davantage » dans le capital humain, l’environnement et les relations avec les parties prenantes. (Commission européenne).

Retrouvez ici l'intégralité de notre guide sur l'investissement socialement responsable "Investir #TousActeurs pour une finance utile".