Le cadmium, un métal lourd toxique présent dans certains engrais, sera limité à 20 mg/kg d'engrais en 2030 contre 90 mg/kg actuellement, a annoncé vendredi le ministère de l'Agriculture.
Le cadmium "constitue un enjeu sanitaire particulier en raison de sa toxicité et de sa capacité à s'accumuler durablement dans les sols", a justifié le ministère dans un communiqué.
Ce seuil de 20 mg/kg rejoint les recommandations de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), mais accélère le calendrier prévu de réduction de l'exposition au cadmium.
Un projet soumis à consultation au printemps prévoyait d'atteindre cette cible au plus tard en 2038.
Les seuils s'abaisseront progressivement, à 60 mg/kg au 1er janvier 2027, rejoignant les normes européennes, puis 40 mg/kg en 2028, explique le gouvernement.
En mars, l'Anses avait confirmé une "surexposition" de la population française au cadmium par l'alimentation et appelé à agir à la source de la contamination des sols.
Il avait qualifié la substance de "cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction".
Une "exposition répétée à de faibles doses peut être à l'origine de multiples effets sanitaires : rénaux, osseux, respiratoires, neurologiques, cardiovasculaires, sur la reproduction et cancérogènes", détaillait la Haute autorité de santé en 2024.
Un arrêté publié vendredi fixe par ailleurs à trois grammes par hectare l'apport annuel de référence de cadmium pour plusieurs catégories de fertilisants à partir de 2027.
La ministre de la Transition écologique Monique Barbut avait indiqué en juillet avoir obtenu d'Emmanuel Macron des "garanties" sur plusieurs sujets suffisantes pour qu'elle revienne sur sa démission, parmi lesquels la trajectoire de baisse du cadmium.