Energie: le RN critique une stratégie "dévastatrice", les écologistes soulagés sur les renouvelables

Le RN a dénoncé "les conséquences dévastatrices" de la stratégie énergétique dévoilée jeudi, avec "un tour de passe-passe sur l'éolien", les écologistes étant au contraire soulagés que "la casse ait été limitée sur les renouvelables" même si "ce n'est pas le tournant attendu".

"Il n'y a pas de majorité au Parlement pour valider cette feuille de route. Et donc Monsieur Lecornu, veut passer en force" en publiant cette stratégie par décret, a dénoncé son porte-parole Julien Odoul sur franceinfo.

Dans cette feuille de route énergétique d'ici à 2035, le gouvernement lève le pied sur le déploiement des énergies éolienne terrestre et solaire, à côté d'un développement du nucléaire et d'un plan "ambitieux" de relance de la consommation électrique par l'électrification des usages.

De quoi lui valoir des critiques également de La France insoumise, mais avec des arguments différents, sur le fond, que le Rassemblement national.

"Le déploiement des énergies solaires et éoliennes, sur terre ou en mer, en baisse. Seul le nucléaire est en hausse. Un abîme financier", a dénoncé Jean-Luc Mélenchon sur X.

"Après trois ans d'hésitation solitaire, Macron passe par décret, sans discussion ni vote au Parlement, son plan pour l'Énergie", a également grincé le triple candidat à la présidentielle.

Le RN, qui juge trop favorable la place accordée aux énergies renouvelables, avait fait il y a quelques mois d'une adoption par décret un motif de censure.

Sur la censure, "on verra ce qu'il faut faire", s'est contenté de répondre M. Odoul.

Le député RN a dénoncé un "tour de passe-passe" sur l'éolien terrestre du gouvernement qui dit: "on ne va pas développer les projets, on va juste les adapter".

"On va avoir des éoliennes certainement encore plus grandes (...) Pour nos compatriotes qui sont à côté d'un parc éolien, c'est la chute du prix de leur foncier", a-t-il argumenté.

De leur côté, les députés écologistes se sont réjouis "d'un recul bienvenu du gouvernement" par rapport à l'hypothèse d'un moratoire sur les renouvelables.

"C'est une limitation de la casse: le maintien a minima de l'installation de nouvelles capacités de production renouvelable, la sécurisation des investissements déjà engagés pour les prochaines années et un horizon enfin éclairci pour de nombreux salariés", constatent-ils.

Mais ils regrettent dans leur communiqué que cette 3e programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) "persiste à faire le choix d'un nouveau programme nucléaire massif".

Selon eux, le nucléaire reste "une impasse énergétique": "extrêmement coûteux", "incapable de répondre à l'urgence climatique", "peu flexible face aux besoins du système électrique", "vulnérable au dérèglement climatique", "dépendant d'importations pour son combustible" et "générateur de déchets radioactifs dangereux".

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