Les ventes de voitures électriques neuves ont continué de progresser cet été en France, à 38% du marché automobile en août, dopées par les aides à l'électrification dans un marché qui ne s'est toujours pas remis de la crise sanitaire et des tarifs élevés des carburants pétroliers.
"C'est un marché sous perfusion, qui se maintient grâce aux ventes de véhicules électriques portées par le leasing social", a déclaré à l'AFP une porte-parole de la Plateforme automobile (PFA), en précisant que sans ce soutien, le marché global de voitures neuves s'effondrerait.
La "recomposition en cours du mix énergétique" des voitures neuves, selon une expression du cabinet d'analyse AAA data, est aussi liée à la flambée des prix des carburants ces derniers mois depuis le début de la guerre en Iran fin février.
Le 28 août, le prix du SP95-E10 et du gazole étaient toujours au-dessus de 2 euros le litre en moyenne en France, selon les statistiques de l'Union française des industries pétrolières (Ufip).
De plus, lancée mi-juillet, la troisième vague de "leasing social" de véhicules électriques, qui permet à des ménages modestes de disposer d'une voiture électrique neuve pour moins de 200 euros par mois, a déjà drainé 29.800 commandes, selon une information du Parisien confirmée par le ministère des Transports.
Au total, l'Etat compte aider 50.000 ménages modestes à accéder à ce dispositif de location de longue durée (au moins trois ans), avec possibilité d'achat, en couvrant l'apport initial à hauteur de 6.500 euros (voire 9.500 euros pour les voitures, batteries et moteurs fabriqués en Europe).
En août, les ventes de voitures neuves toutes motorisations confondues ont atteint 94.351 unités en France, en hausse de 2,3% par rapport à août 2025 mais toujours en deçà des niveaux observés avant la pandémie de Covid, indique la PFA, qui fédère les constructeurs et les équipementiers automobiles français.
Sur ce total, 36.159 modèles étaient électriques (100% électrique et à hydrogène), ce type de motorisation concentrant désormais 38% du marché du neuf contre 35% le mois précédent.
"Août 2026 illustre un marché des voitures neuves en profonde recomposition" sous l'effet de la fiscalité et des aides publiques, constate Marie-Laure Nivot, analyste du cabinet AAA Data, citée dans un communiqué.
- L'électrique conforté en premier choix-
"L'électrique s'installe comme la première motorisation choisie par les acheteurs", observe-t-elle.
Au-delà des aides publiques aux ménages modestes grâce au leasing social, la prime "coup de pouce véhicules électriques" (remplaçante du "bonus écologique") s'applique à l'ensemble des ménages, avec un montant variable selon les ressources. Des surprimes s'appliquent aux véhicules assemblés en Europe ou dont la batterie vient du Vieux Continent.
Cette prime est financée par les fournisseurs d'énergie via le dispositif des "certificats d'économie d'énergie" (CEE), fondés sur le principe du pollueur-payeur.
Le soutien à l'achat de véhicules électriques, crucial pour le marché automobile français, s'élargit encore ce mardi avec l'entrée en vigueur de nouvelles aides à l'achat pour les gros rouleurs et pour les taxis, ces primes étant renforcées pour les îles du Ponant et la Corse.
Au cours des huit premiers mois de l'année, près d'1,1 million de voitures neuves ont été vendues en France, dont 322.102 modèles électriques, soit près d'une nouvelle immatriculation sur trois (29,9%).
- Un soutien public et privé -
L'Etat, dont les marges de manoeuvre budgétaires sont de plus en plus en contraintes, a réduit ses aides directes à l'achat de véhicules électriques, désormais recentrées sur le neuf et les ménages les plus modestes.
Ce sont désormais les fournisseurs d'énergie (comme EDF, Engie ou TotalEnergies par exemple) qui accordent les autres subventions aux ménages lors de l'achat d'un véhicule électrique.
A partir de ce mardi, la prime CEE pour les véhicules électriques va aussi concerner - pour un montant plus faible, de 340 euros - le secteur de l'occasion.
Cette prime pour l'achat ou la location longue durée d'une voiture électrique d'occasion est renforcée pour les professionnels de l'aide à domicile et des services à la personne, avec un montant pouvant aller jusqu'à 2.360 euros.
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