Moins de curistes et des établissements vieillissants : la santé fragile des stations thermales, qui peinent à retrouver leur fréquentation d'avant la crise sanitaire du Covid-19, est détaillée dans un rapport de la Cour régionale des comptes d'Auvergne-Rhône-Alpes publié jeudi.
Auvergne-Rhône-Alpes constitue la troisième région thermale de France avec 23 stations qui ont accueilli 94.709 curistes en 2025, contre 128.048 en 2016, soit une baisse de 26%, plus importante qu'au niveau national (22%).
Ces stations sont confrontées à plusieurs défis, relève la cour régionale (CRC) : retrouver le niveau de fréquentation d'avant-crise, faire évoluer l'offre pour attirer de nouveaux publics et moderniser des établissements "anciens et sanitairement fragiles".
Elles doivent également faire face au changement climatique et à ses incidences sur la ressource en eau, tandis que leur modèle économique est assis sur des recettes publiques, via l'Assurance maladie qui rembourse partiellement les cures (53 millions d'euros en 2023).
Le gouvernement envisage d'ailleurs dans le cadre du PLFSS (projet de loi de financement de la sécurité sociale) 2027 de transférer ces remboursements aux complémentaires santé.
Toutefois si la question du financement par la Sécurité sociale est "majeure", celle-ci ne doit pas éclipser des modèles économiques "très fragiles" et des investissements "énormes" avec des risques d'exploitation qui sont "forts", a déclaré lors d'une conférence de presse la présidente de la CRC Barbara Falk.
Pour les stations, "nous sommes à un tournant", a-t-elle insisté.
Ainsi nombre d'entre elles "sont en grande fragilité" : en 2025, seules huit sur 23 accueillaient plus de 4.000 curistes. Ce seuil est considéré comme le nombre minimal pour assurer la viabilité d'un établissement.
Le secteur est pourtant "essentiel" à l'économie de territoires "souvent ruraux". Les impacts directs sont estimés à 131 millions d'euros pour 2024 et représentent 1.522 emplois directs.
Si la Région est "très impliquée financièrement", les communes financent pour leur part des investissements importants pour maintenir l'attractivité des stations.
Dans la région, 75% des établissements sont gérés par des opérateurs privés.
Parmi ses préconisations, la CRC suggère notamment d'"assurer un suivi rigoureux des autorisations (préfectorales) d'exploitation des sources".
Elle demande aussi aux communes d'améliorer leur connaissance du patrimoine thermale et de mieux cerner la rentabilité des activités thermales et parathermales (spas).
Les communes concernées par une arrivée à terme prochaine d'une délégation doivent elles "préparer les choix de gestion à venir".
Quant à la Région, elle doit enrichir sa politique en faveur de l'activité thermale.