En 2025, les exportations françaises de cosmétiques ont réculé, une première "depuis au moins 20 ans"

La fédération des entreprises de beauté (Febea) alerte sur une baisse des exportations de cosmétiques français en 2025, une première "depuis au moins 20 ans", à cause des droits de douanes américains, alors que les chiffres définitifs devraient être connus début février.

"C'est la première fois depuis au moins vingt ans, hors période Covid, que nous n'avons pas de hausse" des exportations de cosmétiques et même une baisse de 1,16%, déclare à l'AFP le délégué général de la FEBEA Emmanuel Guichard.

Sur les dix premiers mois de 2025, les exportations de cosmétiques atteignent 18,75 milliards d'euros (-1,16%) alors que jusqu'à présent la croissance était de l'ordre de 6% par an, "excepté l'année du Covid où un trimestre a été à la baisse", selon lui.

L'unique raison de cette baisse des exportations de cosmétiques français réside dans la hausse des droits de douanes aux États-Unis, leur principale destination, analyse la FEBEA: elles y reculent de 18% alors que les ventes "partout ailleurs" sont en hausse, même en Chine (+2%) et en Union européenne (+4%), selon Emmanuel Guichard.

De leur côté, les importations sont en hausse de 6% à 4,46 milliards d'euros, notamment en provenance de Chine via les plateformes et de Corée à la suite d'un effet de mode de la "K-Beauty" (beauté à la coréenne), explique le délégué général de la FEBEA.

Le solde commercial s'élève ainsi à 14,29 milliards d'euros, en recul de 473 milliards par rapport au solde observé sur les dix premiers mois de 2024, soit une dégradation de 3,2%.

"Il y a nécessairement un aléa autour des deux derniers mois de 2025 mais on ne voit pas vraiment de signe qui laisserait entendre que la fin de l'année pourrait minimiser ce chiffre", souligne la FEBEA.

"Nous restons le deuxième contributeur à la balance commerciale", assure M. Guichard.

Pour 2026, la FEBEA entrevoit "une respiration" avec la signature de l'accord de libre échange entre l'UE et l'Inde, qui représente pour les cosmétiques un marché potentiel de 70 millions de clients. Aujourd'hui, la France exporte vers l'Inde pour 58 millions d'euros de cosmétiques.

"Il nous faut aussi gagner en compétitivité et en innovation face à la Corée", ajoute-t-il.