Emploi : les secteurs bancaire et numérique font 8 propositions pour former, attirer et conserver les talents

Pour former, attirer et conserver les talents, il faut renforcer la formation scientifique, mieux accompagner l'orientation et préserver l'apprentissage, selon les fédérations professionnelles de la Banque et Syntec, qui représente des groupes du numérique, de l'ingénierie, du conseil et de la formation.

"La capacité de la France à former davantage de talents, à élever le niveau des compétences et à ancrer durablement les emplois qualifiés sur son territoire constitue un enjeu économique majeur", soulignent la Fédération bancaire française (FBF) et la Fédération Syntec dans un communiqué.

Elles y suggèrent huit pistes pour "former, attirer et conserver les talents", dans un contexte où les transformations numérique, technologique et environnementale bouleversent les métiers et les besoins des entreprises.

Le premier impératif est de "renforcer la formation scientifique dès le lycée", quand 40% des bacheliers ne font pas de mathématiques, estiment les deux fédérations.

Pour cela, il faut "mieux faire connaître les métiers scientifiques", techniques et financiers, et renforcer les liens entre établissements scolaires et monde professionnel. Il faut également "un travail spécifique pour la mixité" en luttant contre les stéréotypes de genre et en faisant évoluer pédagogie, évaluation et actions volontaristes auprès des jeunes filles (parrainage...).

"L'apprentissage constitue un autre levier essentiel": dans un contexte budgétaire contraint, la FBF et la Fédération Syntec défendent un "cadre stable et lisible" pour les entreprises comme pour les jeunes, davantage piloté en fonction de la qualité des formations, de leur capacité d'insertion et des besoins en compétences des entreprises.

Par ailleurs, former davantage ne "suffira pas" si la France ne parvient pas à conserver les compétences qu'elle forme, à attirer celles dont son économie a besoin et à maintenir les emplois qualifiés sur son territoire, soulignent les fédérations qui proposent un "passeport retour", un régime fiscal plus souple, temporaire et dégressif pour les Français revenant après plusieurs années de l'étranger.

Entre 2018 et 2020, les délocalisations ont principalement concerné des emplois qualifiés, quand les relocalisations portaient sur des emplois moins qualifiés. La fiscalité (près de 8 milliards d'euros, 11,9% de la masse salariale brute) pousse ainsi les entreprises du secteur de la connaissance à installer leurs experts à l'étranger, estiment les deux fédérations.

Par ailleurs, en 2024, 14,8% des ingénieurs français en activité travaillaient à l'étranger, contre 11,9% en 2022, ce qui correspond à près de 150.000 ingénieurs, selon le texte.