Les réductions de cotisations, dont les employeurs bénéficient sur les bas salaires, devraient se concentrer sur les groupes pour lesquels l'accès à l'emploi est plus difficile, en particulier les jeunes et les plus de 60 ans, propose un rapport du Conseil d'analyse économique (CAE) publié mardi.
"La politique de réduction des cotisations sociales, qui a constitué depuis les années 1990 un levier central de la politique de l'emploi, atteint progressivement ses limites", indique la note rédigée par les économistes Antoine Bozio et Etienne Wasmer.
Pour les économistes du CAE, cette stratégie, visant à inciter les entreprises à embaucher, a certes eu un effet sur l'emploi, mais a aussi "favorisé l'emploi à bas salaire" et freiné la progression des rémunérations.
Ainsi, pour une augmentation de 100 euros du revenu disponible d'un salarié dans la moitié basse de l'échelle, l'employeur a un coût salarial supplémentaire entre 300 et 400 euros.
C'est pourquoi ils conseillent au gouvernement "un meilleur ciblage des politiques de soutien à l'emploi" en direction des jeunes et des plus de 60 ans.
Lors de la dernière réévaluation du Smic, intervenue début juin en raison de l'accélération de l'inflation, le gouvernement a décidé, dans un contexte de restrictions budgétaires, de geler les allègements de cotisations, au grand dam du patronat.
En octobre 2024, Antoine Bozio et Étienne Wasmer avaient déjà préconisé de moins concentrer les allègements de cotisations au niveau du Smic, pour pouvoir augmenter plus facilement ces salariés les moins bien payés.
Ils vont cette fois-ci plus loin en proposant de couper "le lien automatique entre le niveau des allègements au niveau du Smic et les évolutions du Smic", a expliqué Antoine Bozio, lors d'une conférence de presse.
"Tout en gardant les allègements renforcés pour des publics particuliers, les plus sensibles à l'insertion sur le marché du travail, notamment les jeunes", a-t-il ajouté.
Selon Etienne Wasmer, la fin d'une indexation systématique des allègements sur le Smic permettrait "de remettre du dialogue social".
Mais, cela devrait s'accompagner "de politiques plus structurelles", en terme de formation, notamment dès l'école primaire, de logement ou de mobilité, notamment pour réduire les coûts de logement et de transport vers les agglomérations où se concentrent les emplois.
"Une politique d'emploi est aussi une politique qui essaie de régler les questions afférentes au logement", a souligné M. Wasmer.
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