Emmanuel Macron se rendra du 19 au 21 septembre sur l'archipel français de Saint-Pierre-et-Miquelon, dans l'Atlantique nord, situé dans une zone géographique convoitée par Donald Trump, entre Canada et Groenland, et en première ligne face au réchauffement climatique, a annoncé samedi l'Elysée.
"Le chef de l'Etat ira à la rencontre de la population, des élus et des acteurs du territoire pour aborder les perspectives de développement de l'archipel, ainsi que les moyens de soutenir l'activité économique et de renforcer son attractivité", a indiqué la présidence.
"Il évoquera notamment l'essor de secteurs stratégiques comme le spatial, la pêche, le numérique ou l'économie bleue (les activités liées à la mer, ndlr)" ainsi que les "effets du changement climatique sur le territoire, a-t-elle ajouté.
"Ce déplacement permettra également de mettre en valeur la place singulière de Saint-Pierre-et-Miquelon dans son environnement nord-américain", a souligné l'Elysée.
La dernière visite d'un président français sur ces îles statégiques, situées à 4.300 kilomètres de la métropole, remonte à François Hollande en 2014.
Emmanuel Macron, qui quittera l'Elysée en mai 2027 après deux quinquennats, se sera ainsi rendu dans la totalité des douze territoires français d'Outre-mer, à l'exception de Wallis-et-Futuna et des Terres australes et antarctiques.
L'archipel, situé à une vingtaine de kilomètres des côtes de Terre-Neuve, à l'extrémité est du Canada, compte trois îles liées par des isthmes sableux, et 6.000 habitants.
Après deux siècles de guerres avec l'Angleterre, Saint-Pierre-et-Miquelon avait été rétrocédé à la France en 1816. L'archipel est devenu territoire d'outre-mer en 1946.
En 1941, les Forces françaises libres en avaient pris le contrôle malgré l'opposition du président américain Franklin Roosevelt, qui souhaitait maintenir le statu quo avec le régime de Vichy.
Donald Trump, qui convoite ouvertement le Canada et le Groenland depuis son retour à la Maison Blanche en 2025, a déclenché une nouvelle polémique lundi en postant sur ses réseaux sociaux une "carte" les couvrant du drapeau des Etats-Unis, de même que le Mexique et les Antilles.
Englobant au passage plusieurs territoires français ultramarins, Guadeloupe, Martinique, Saint-Barthélémy, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon.
L'archipel a connu ses heures de gloire avec la pêche à la morue. Mais ce secteur ne représente plus qu'une part infime de l'économie locale, désormais très centrée sur les services.
Confronté à la disparition de la banquise côtière avec le réchauffement climatique, le village de Miquelon, où Emmanuel Macron se rendra, a aussi dû se résoudre à un déménagement inédit. Ses 600 habitants sont considérés comme les premiers réfugiés climatique de France.
L'archipel abrite aussi une station d'antennes paraboliques servant notamment pour les systèmes européens de positionnement par satellites Galileo.