L'association française pour les émissions négatives (AFEN) a déploré jeudi "le retard" pris par la France sur l'élimination du dioxyde de carbone, considéré comme incontournable pour atténuer le changement du climat, à l'occasion de la publication d'un livre blanc sur le sujet.
"Pilier complémentaire" de la réduction des émissions, le sujet de l'élimination du CO2 (naturelle ou/et technologique) "est absent du débat public" français, a regretté Coline Roux, directrice générale de l'association au cours d'une conférence de presse.
L'élimination du carbone consiste à retirer le CO2 déjà présent dans l'air et le stocker durablement, sous terre ou dans des produits à longue durée de vie.
"Les aides ne sont pas assez conséquentes et il n'y a pas d'approche coordonnée", notamment au regard d'autres pays comme l'Allemagne, a-t-elle ajouté. "C'est en train de changer, notamment avec l'été qu'on vient de passer, mais il y a un scepticisme de l'opinion publique sur ces solutions, parce qu'on dit +décarbonation d'abord+".
"C'est un peu le même débat que sur l'adaptation", a-t-elle dit. "On n'a pas beaucoup le temps, donc on ne peut pas attendre 2050", a-t-elle plaidé.
Dans son livre blanc, l'AFEN réclame "une stratégie nationale", "la stimulation de la demande de crédits d'élimination", "des incitations financières et des instruments de garantie", "intégrer des techniques d'élimination du carbone dans un plan d'innovation" ainsi que "développer les infrastructures de transport et de stockage du CO2".