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Education/Citoyenneté

Nuit pluvieuse place du Châtelet pour les militants d'Extinction Rebellion

Cette nuit a été, pour les militants, l'occasion d'organiser des assemblées citoyennes.
©Capture d'écran Twitter/@XtinctionRebel

Quelques centaines de militants et sympathisants du mouvement écologiste Extinction Rebellion (XR) occupaient toujours mardi matin la place du Châtelet et un pont de la Seine, au centre de Paris, après y avoir passé la nuit dans le calme, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Dans le cadre de la mobilisation internationale de "XR", ces militants occupent depuis lundi 7 octobre après-midi ce noeud central, à quelques centaines de mètres de la préfecture de Police de Paris, où doit se tenir mardi matin une cérémonie en hommage aux victimes de la tuerie de la semaine dernière dans ces mêmes locaux, en présence d'Emmanuel Macron.

Dans une ambiance bon enfant, sous la pluie, ils ont tenu en milieu de matinée une nouvelle assemblée générale pour débattre des activités de la journée et de l'organisation logistique du camp. Au programme : un atelier sur la communication non violente, un concert dans l'après-midi ou une "méditation collective avant le dodo" en soirée.

Sous la surveillance d'un dispositif policier assez léger, les militants ont passé la nuit en restant éveillés pour certains et pour les autres en s'installant pour dormir sous la pluie dans des tentes ou des bivouacs improvisés sous des bâches. Ils ont aussi installé des toilettes sèches. "Au coeur de la nuit, nous étions 200 à 300. L'objectif est toujours de rester le plus longtemps possible", a expliqué à l'AFP Vincent, 27 ans, membre du mouvement depuis juin et vêtu du gilet orange du mouvement comme tous les "anges gardiens" de l'opération chargés de maintenir le calme. Vers 08H00, plusieurs fourgons des forces de l'ordre sont venus se garer aux abords de la place du Châtelet, mais sans signe d'intervention imminente.

"Ici on se rebelle", peut-on lire sur des banderoles déroulées sur le pont du Change, où trône également un bateau bleu sur roues aux voiles frappées du logo reconnaissable de XR, un sablier stylisé à l'intérieur d'un cercle. Certains des militants, organisés autour de six points de blocage, faisaient part de leur soulagement de voir que les forces de l'ordre n'étaient pas intervenues, comme Errico, 20 ans, étudiant habitué aux blocages d'universités mais non membre de "XR", venu "en curieux pour se rendre compte de l'engouement que suscite ce mouvement".

En juin, lors d'une action de blocage d'un autre pont à Paris, des membres de XR avaient été délogés par les forces de l'ordre avec notamment l'utilisation à bout portant de gaz lacrymogènes. Les images, abondamment partagées, avaient conduit à l'ouverture d'une enquête. Samedi soir, les autorités avaient également tenté de déloger les militants d'Extinction Rebellion qui avaient investi plusieurs heures auparavant le centre commercial Italie 2. Elles avaient renoncé, avant que les manifestants ne quittent les lieux dimanche aux aurores. 

La ministre de la Transition écologique a mis en garde mardi matin contre d'éventuelles violences et actions de blocage tout en reconnaissant qu'elle ne pouvait "pas être contre quand les gens se préoccupent du climat". "C'est très important de se mobiliser pour le climat mais il est aussi important de tenir compte de ce qui est fait", a indiqué Elisabeth Borne sur RMC/BFMTV alors qu'Extinction Rebellion prévoit des actions toute la semaine à Paris.

Depuis leur arrivée place du Châtelet, les militants ont multiplié les prises de parole, lors d'"assemblées citoyennes", annonçant leur intention de rester sur place jusqu'à mercredi. "Notre système économique exploite le vivant, écrase les minorités et emporte dans sa chute notre avenir commun. Face à ce désastre, il est de notre devoir de résister", insiste le mouvement sur son compte Twitter. Tout jeune mouvement né il y a un an au Royaume-Uni, XR a commencé à mener depuis lundi des actions coup de poing dans 60 villes du monde.

Avec AFP

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