Eaux usées: la balance coûts/bénéfices de la nouvelle directive européenne largement positive, selon une étude

L'application de la nouvelle directive européenne sur le traitement des eaux usées aura des "bénéfices majeurs", nettement supérieurs aux lourds investissements nécessaires à la modernisation de l'assainissement en France, selon une étude dévoilée jeudi par les acteurs de l'eau.

La deuxième mouture de la directive des eaux résiduaires urbaines, communément appelée "Deru 2", prévoit notamment de mieux maîtriser les rejets par temps de pluie, pour limiter les déversements d'eaux usées non traitées dans les milieux naturels, de traiter l'azote et le phosphore, et d'éliminer les micro-polluants, avec des stations d'épuration énergétiquement neutres.

Les coûts pour atteindre ces nouveaux objectifs s'annoncent considérables : près de 2 milliards d'euros par an en moyenne sur la période 2028-2045 (1,84 milliard d'investissements et un peu moins de 0,2 milliard de dépenses d'exploitations additionnelles), selon cette étude dévoilée jeudi par le Comité stratégique de la filière eau (CSFE), qui représente l'État et l'ensemble des acteurs de l'eau en France, publics et privés.

Mais ces investissements vont générer "de multiples bénéfices", nettement "supérieurs" aux coûts, faisant de la mise en oeuvre de cette "Deru 2" un "investissement sur l'avenir", a souligné lors d'un point presse Patrick Faisques, délégué permanent du CSFE, qui a co-piloté cette étude menée sur un an et demi.

Le scénario central de cette étude évalue ces bénéfices à 3,08 milliards d'euros par an en moyenne.

La plus grande part de ces bénéfices serait générée par "les services écosystémiques, le fait d'avoir des rivières, des lacs en bon état", selon M. Faisques, avec une "réduction de l'eutrophisation" (prolifération excessive d'algues qui consomment l'oxygène de l'eau, entraînant l'asphyxie des poissons et de la faune aquatique).

L'étude souligne également les bénéfices en matière de santé publique et d'activité économique : rivières polluées entraînant l'arrêt de l'activité touristique, industriels obligés d'arrêter leurs installations ou de traiter davantage l'eau, ou encore fermetures d'exploitations conchylicoles.

Alors que la transposition en droit de cette directive par les États membres doit avoir lieu avant le 31 juillet 2027, Xavier Girre, président du comité stratégique, a appelé l'État à "définir rapidement les règles du jeu".

"Déployer des investissements et des infrastructures prend du temps et il faut que les collectivités puissent anticiper leurs obligations, planifier, optimiser ces investissements pour engager dès maintenant les transformations attendues", a-t-il estimé.

"Nous avons donc collectivement besoin de clarté et de visibilité", a-t-il conclu.