Eau de Paris prend ses quartiers dans son nouveau siège pour contenir le prix de l'eau potable

La régie publique Eau de Paris, qui assure l'alimentation en eau potable de 3 millions d'usagers, s'est installée dans son nouveau siège, dont elle espère des économies pour contenir le prix de l'eau potable.

Jusqu'ici locataire dans le sud-est de Paris, Eau de Paris a décidé en 2022 de devenir propriétaire de ses murs, "d'abord pour des raisons économiques", a indiqué mercredi à l'AFP Ivoa Alavoine, nouvelle directrice générale depuis janvier.

L'opération, qui a coûté 100 millions d'euros, incluant l'achat et la rénovation/réhabilitation de l'immeuble situé dans le même quartier, va permettre à la régie d'économiser des dépenses de loyers qui s'élevaient "à plus de 5 millions d'euros par an", a-t-elle précisé, escomptant un retour sur investissement d'ici une vingtaine d'années.

Ce nouveau bâtiment, qui accueille 450 des 900 salariés d'Eau de Paris, permet également des économies d'eau substantielles et une "réduction significative des dépenses énergétiques", selon Mme Alavoine, qui table sur une réduction de 60% de la consommation énergétique par rapport aux anciens locaux.

Depuis la "remunicipalisation" de l'eau potable en 2010, son prix n'a augmenté que de 8%, selon Anne-Sophie Leclère, directrice générale adjointe d'Eau de Paris, alors que, dans le même temps, la part assainissement a augmenté de 120%, en raison des "mises en conformité" avec les directives européennes sur le traitement des eaux usées, qui ont occasionné "des investissements majeurs" du syndicat d'assainissement (SIAAP), selon Mme Alavoine.

Au total, la facture d'eau des Parisiens a progressé de 44%, à 4,23 euros TTC le mètre cube, un prix nettement en-deça de la moyenne nationale (4,69 euros, selon des chiffres de l'Etat).

Pour autant, la production d'eau potable a été confrontée ces dernières années à des facteurs exogènes d'augmentation des coûts, dont le prix de l'énergie et du traitement.

La sortie de la pandémie de Covid puis la crise énergétique consécutive à la guerre en Ukraine ont elles fait passer les coûts de l'électricité de 6 millions en 2021 à 23 millions d'euros en 2023, des coûts depuis redescendus mais qui demeurent supérieurs à ce qu'ils étaient auparavant, selon Eau de Paris.

Concernant le coût des traitements des polluants, "constant" entre 2016 et 2020, à environ 800.000 euros par an, ils ont presque quadruplé à partir de 2021/2022, à "3 millions d'euros par an", sous l'effet du renchérissement des réactifs, de l'énergie, et du renforcement des traitements pour éliminer des pollutions émergentes, précise Eau de Paris.