Du Finistère à l'Hérault, des Pyrénées-Orientales à la Manche : déjà installée sur le centre et le sud-est, la canicule s'étend mardi à une large partie ouest de la France, avec un pic probable en milieu de semaine.
Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est qui avaient été placés en vigilance orange canicule dès lundi par Météo-France, 21 départements supplémentaires de l'ouest passeront ce seuil dès mardi midi, de la Charente au Finistère.
"Les canicules ne s'arrêtent pas. A chaque fois, on pense que ça se termine et en fait ça revient", se lamente Ayse Gurbuz, 25 ans, étudiante en droit qui révise sur un banc ombragé de la place des Célestins, à Lyon.
"Je n'en peux plus. Je vis dans un petit studio dans lequel l'air ne circule pas, donc c'est très compliqué, vraiment dur", ajoute la jeune femme.
Mardi au lever du jour, le thermomètre affichera entre 13 et 14°C sur les Hauts-de-France et 23 et 26 sur le rivage méditerranéen.
Et cela risque de durer. Un pic est attendu "vers le milieu de la semaine", après des maximales en hausse mardi: vers 35°C dans l'ouest et des pointes de 38 à 39°C sur le pourtour méditerranéen, selon Météo-France. Lundi au Luc, dans le Var, le mercure a frôlé les 40°C (39,9°C).
Il ne s'agit pas d'une "nouvelle" canicule à proprement parler, précise l'agence, mais plutôt de la même troisième vague de chaleur qui a démarré le 28 juillet et ne s'est toujours pas arrêtée, au moins dans le sud-est. Mais elle s'amplifie et gagne une plus grande partie du pays.
Avant, un premier épisode de fortes chaleurs particulièrement précoce avait touché le pays à la fin mai.
"J'habite dans un immeuble historique donc sans volets, alors c'est vraiment dur. Et ça ne s'arrête pas", témoigne Maya Santiago, 36 ans, aide-soignante, qui lit son livre à l'ombre des arbres dans le centre de Lyon écrasé de chaleur.
- Fleuves et réserves à sec -
Sahel, Amérique latine, France et Espagne : plusieurs régions du monde, peuplées au total de quelque 900 millions de personnes, ont connu en 2026 leur mois de juillet le plus chaud, d'après les calculs de l'AFP à partir des données du programme européen Copernicus.
En France, sur les 54 vagues de chaleur connues depuis 1947, deux tiers se sont produites depuis le XXIe siècle et la moitié après 2010.
Exaspérant une population à bout, les canicules à répétition exacerbent également le risque incendies. Au moins 120.000 hectares ont été parcourus par les flammes en France depuis le début de l'été, même si la situation semble se calmer sur ce front.
Le feu qui s'est déclaré dimanche dans la Lozère est "fixé" depuis lundi et celui qui sévit depuis plus d'une semaine dans la Drôme ne poursuit plus qu'une "progression lente" avec environ 400 hectares brûlés.
La Gironde, où un mégafeu a été fixé après avoir brûlé 42.000 hectares, est cependant repassée samedi midi en vigilance rouge pour les risques de feux de forêt.
La sécheresse est elle aussi à des niveaux records. Au 1er août, la quasi-totalité (94%) des réserves souterraines en eau de la métropole présentent des niveaux en baisse, indique le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), le service géologique national.
La vaste majorité du Rhin et de la Tamise, quelque deux tiers du Danube et de longs tronçons du Rhône et du Pô ont atteint des débits d'une faiblesse inédite en moyenne pour un mois de juillet en 34 ans de mesures, selon une analyse des données publiées lundi par l'observatoire européen du changement climatique Copernicus.
Près de 70% de la France fait ainsi actuellement l'objet de mesures de restrictions des usages de l'eau, selon le gouvernement.