Des ONG s'inquiètent d'une relance des projets d'hydrocarbures en outre-mer

Plusieurs ONG environnementales font part aux sénateurs de leur opposition à une proposition de loi visant à relancer les projets d'énergies fossiles en outre-mer, y voyant "une promesse trompeuse et irresponsable", dans un communiqué publié jeudi à l'occasion de leur audition au Sénat.

A l'initiative du groupe macroniste (RDPI), constitué de nombreux sénateurs ultramarins, la proposition de loi, qui vise "à lever, dans les territoires d'outre-mer, l'interdiction de recherche, d'exploration et d'exploitation des hydrocarbures", arrive au Sénat le 29 janvier.

Plusieurs ONG - les Amis de la Terre France, Surfrider Foundation Europe, le Réseau Action Climat et Greenpeace France - y voient "un contresens climatique", "un risque environnemental majeur pour des territoires déjà exposés" et "une absurdité économique", entre autres critiques.

"Si la situation économique et sociale des territoires ultramarins est alarmante, en particulier en Guyane et à Mayotte, présenter l'exploitation des énergies fossiles comme une solution relève d'une promesse trompeuse et irresponsable", alertent ces associations.

"Cette proposition de loi entretient l'illusion d'un développement salvateur" pour ces populations, et entre "en contradiction directe avec la position défendue par la France sur la scène internationale, où elle se présente comme un pays moteur de la transition énergétique", selon leur communiqué.

Alors que la France défend la sortie des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) pour atteindre la neutralité carbone en 2050, la proposition de loi "inscrirait notre pays dans la course extractiviste relancée par Donald Trump, portée par des logiques de puissance et de prédation, dans laquelle nous avons tout à perdre", dénoncent-elles.

"Le corpus scientifique est sans ambiguïté: pour maintenir une chance de limiter le réchauffement mondial à 1,5 °C, aucun nouveau projet fossile ne peut être engagé", soulignent-elles.

La loi "Hulot" en 2017 a mis fin à la recherche et à l'exploitation des hydrocarbures en France, avec quelques dérogations pour les entreprises qui avaient déjà des concessions en vigueur.

L'an dernier, le ministre des Outre-mer Manuel Valls avait dit vouloir "ouvrir le débat" sur l'interdiction de l'exploitation des hydrocarbures en France, suscitant l'opposition de sa collègue de l'Environnement, Agnès Pannier-Runacher.