Des commerçants dénoncent les manifestations à répétition dans l'est parisien

Des commerçants des quartiers des alentours de la place de la République ont dénoncé vendredi la décision de la Préfecture de police d'autoriser une nouvelle manifestation samedi au départ de cette place, estimant être les "victimes récurrentes" des rassemblements organisés dans l'est parisien.

Dans un courrier adressé aux autorités, plusieurs représentants de commerçants des secteurs alentour de la place de la République affirment que le quartier "est encore loin d'avoir pansé les plaies des violences des dernières semaines", en référence aux "affrontements violents des 17 et 18 octobre entre les forces de l'ordre et les manifestants, auxquels ont succédé des pillages".

"Dans nos 3e, 10e et 11e arrondissements, la protection des commerçants et des biens a manifestement fait défaut", estiment-ils.

Les représentants calculent une perte de chiffre d'affaires entre 20 et 70 % "depuis ce nouveau cycle de manifestations", décrivant un "quartier bouclé, des rues inaccessibles, des commerces privés de clientèle".

"Nous considérons qu'il est profondément contraire à l'esprit d'équité démocratique que les mêmes quartiers soient systématiquement désignés comme lieux de rassemblement et, par conséquent, soient toujours les premiers à supporter les conséquences de ces tensions", écrivent-ils, tout en affirmant être attachés au droit de manifester.

Ils demandent par ailleurs que ces manifestations n'aient pas lieu le samedi, qu'ils présentent comme une journée cruciale pour leur activité.

Comme les trois samedis précédents, l'intersyndicale de la jeunesse (Union étudiante, Fage, Unef et USL) et des unions syndicales régionales (CGT, FO, FSU, Solidaires, CFDT) appellent à manifester samedi sur le même parcours parisien que jeudi, entre les places de la République et de la Nation.