Des associations appellent à réguler les plateformes plutôt qu'en "bannir" les enfants

Le jour où les parlementaires doivent interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, neuf associations de protection de l'enfance les ont appelés à "responsabiliser les plateformes" pour qu'elles protègent les mineurs, plutôt que "bannir" les enfants des réseaux sociaux.

"Ce ne sont pas les enfants qu'il faut sanctionner, mais les entreprises qui tirent profit de leur vulnérabilité", affirment dans une déclaration commune ces associations, dont Caméleon, Enfance et Partage, Face à l'inceste et la Fondation pour l'enfance.

L'Assemblée nationale examine lundi après-midi une proposition de loi, soutenue par le gouvernement, pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans.

"Protéger les enfants, ce n'est pas les bannir du numérique. C'est leur garantir un espace sûr, adapté à leur âge", disent-elles, affirmant que "ce sont les plateformes numériques qui doivent protéger les enfants".

Le problème tient selon elles à "l'absence de régulation contraignante, l'impunité persistante des plateformes et l'irresponsabilité de leurs dirigeants".

Selon une étude de l'Arcom (l'autorité régulatrice de l'audiovisuel et du numérique) en septembre, 45% des adolescents estiment que les plateformes n'en font pas assez pour garantir leur sécurité.

"Les entreprises multimilliardaires - X, TikTok, Meta, Google et consorts - préservent des modèles économiques fondés sur la captation de l'attention, au prix de la mise en danger des plus jeunes", accusent les associations.

"Sur les réseaux sociaux, il suffit d'une minute pour qu'un enfant soit exposé à des contenus violents ou contacté par un prédateur", relèvent ces associations, dont Ecpat et les Amis de Romy.

"Nombre de plateformes refusent pourtant d'agir pour prévenir les violences en ligne en détectant et bannissant activement tout contenu et comportement préjudiciables", accusent-elles.

"Certaines maintiennent un fonctionnement opaque de leurs algorithmes, exposant les enfants à des contenus violents ou des adultes malveillants", poursuivent-elles.

Les associations estiment qu'une interdiction nationale d'accès aux réseaux sociaux serait "nécessairement limitée" en l'absence d'un "cadre européen contraignant", rappelant que les restrictions d'âge peuvent être contournées en "quelques réglages" , notamment via un VPN.

Elles appellent à une "régulation européenne ambitieuse" obligeant les plateformes à "intégrer la protection des enfants dès la conception de leurs services numériques".

Elles recommandent aussi à "une véritable éducation au numérique, dès le plus jeune âge, pour développer l'esprit critique des enfants" et "apprendre à se protéger".

Elles préconisent enfin "un accompagnement des adultes" pour "dialoguer avec les enfants et "encadrer les usages".