"DNC/Mercosur, même combat !" Des agriculteurs bloquent mardi matin la nationale 12 au niveau de Méré (Yvelines) dans le sens province-Paris, alors qu'une partie de la profession critique la gestion gouvernementale de la maladie qui touche les élevages et la signature du traité de libre-échange.
"C'est l'agriculture française qui est en jeu", estime Vincent Thoumieux, 30 ans, secrétaire général des Jeunes agriculteurs des Yvelines, à l'origine de la mobilisation.
"Pour l'instant, nous ne sommes pas impactés (par la dermatose nodulaire contagieuse, DNC) mais à la vitesse à laquelle ça se propage, ça risque d'arriver et il faut traiter ce sujet à en priorité, en même temps que le Mercosur, pour moi tout est lié", assure l'agriculteur en polyculture (élevage et céréales) à Flexanville (Yvelines).
Une quinzaine de tracteurs se sont rassemblés au petit matin non loin de la gare de Méré, avant de se diriger vers 9H00 jusqu'à la route nationale toute proche, au son des klaxons et des détonations à blanc.
Une quinzaine d'engins transportant foins et roues barraient peu avant 10H00 une portion de la N12, barrage encadré par les forces de l'ordre dans une ambiance bon enfant.
Plusieurs axes routiers sont toujours bloqués dans le sud-ouest de la France, au lendemain de la visite en Occitanie de la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, venue défendre sa stratégie de gestion de l'épidémie qui touche les élevages.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu tient à partir de 10H30 à Matignon une réunion sur l'agriculture, avec les ministres concernés par cette crise.
"On est en train d'abattre le cheptel français mais on s'apprête à signer un traité qui va nous apporter des tonnes et des tonnes de viande et on n'a aucun regard (dessus)", déplore Vincent Thoumieux.
Selon lui, la trentaine d'agriculteurs rassemblés à Méré mardi ont été échaudés par la méthode de la ministre concernant l'épidémie de DNC.
"Pour moi le problème c'est la méthode, on ne peut pas arriver en disant +on abat et si vous n'êtes pas d'accord, on vous gaze+", s'indigne-t-il, en référence à l'utilisation de gaz lacrymogènes en Ariège la semaine dernière pour disperser des éleveurs qui bloquaient une ferme touchée par la DNC.
La solution passe selon lui par la vaccination de "tout le cheptel français" et une "indemnisation à sa juste valeur".
Sinon, "ça va très mal se finir, il y a des mecs qui vont craquer", prédit-il sombrement.